Autonomie, créativité, authenticité et libre expression dans le domaine spirituel

Vivre une spiritualité de son époque en cohérence avec soi-même

Mon cheminement ne rentre plus dans un cadre ou une tradition précise. C’est un fait, que je vis désormais très bien. Je dirais même que j’en suis fière, après avoir longtemps douté et craint de m’égarer. Je n’ai plus besoin d’étiquette pour me définir. J’ai lâché prise dur mes croyances négatives à ce sujet. Et même si je suis plus proche en ce moment des manifestations de « ce qui est divin » de là où je vis. Ma spiritualité n’est ni celtique, ni indo-européenne, ni gallo-romaine, ni ancestrale, ni locale ou que sais-je encore. Cela te surprend peut-être ? Si vraiment, il fallait que je la définisse, je dirais qu’elle est de son époque, comme celles de nos ancêtres étaient de la leur. Ils vivaient au présent. Je vis au présent. Car, si on devrait vraiment suivre les pas de nos ancêtres, pas certain que ça donne une tradition précise à l’arrivée. Cela devrait même être plus proche, je pense d’un paganisme éclectique. Je m’explique…

La généalogie pour expliquer la spiritualité ?

Hommage à ma tante passionnée de généalogie…

Il y a plus de 20 ans maintenant, que la généalogie est entrée dans ma vie. Ma tante, une institutrice passionnée d’histoire locale et de généalogie, avait fait notre arbre paternel. C’est elle qui m’a enseigné les notions de bases nécessaires à cette quête. J’ai encore ses notes, rédigées dans une écriture parfaite, faites de pleins et de déliés impeccables. J’ai conservé aussi son schéma m’expliquant la numérotation Sosa-Stradonitz. Je me souviens du jour où je suis allé chez elle à ce sujet. Elle avait les yeux pétillants de joie à l’idée de transmettre sa passion, à un autre membre de la famille. Que ton âme repose en paix tantine. Tu as su passer le flambeau à la génération suivante. Comme personne ne s’était occupé de ma branche maternelle, j’ai décidé de m’en charger. Ces recherches se sont étalées sur plusieurs années, en fonction de mon temps libre. Aujourd’hui, j’ai retrouvé la trace d’un peux plus de 1000 de mes ascendants maternels.

Arbre généalogique, recherche d'ancêtres
Exemples d’arbres généalogiques

Une histoire de choix

Au passage, j’ai cherché aussi le sens des noms de famille, donc leurs étymologies. Ceci m’a permit de constater concrètement, la diversité culturelle de mes racines. Je suis issue d’une longue lignée de personnes ayant vécu en territoire celte picton au sud de Nantes, dans un territoire qui devait vraisemblablement appartenir aux ambilatres (Pays de Retz, Vendée). Donc, si je devais suivre la voie de mes ancêtres, ma tradition serait celtique ou druidique. Sauf que… pourquoi devrais-je m’arrêter spécifiquement à cette période de l’histoire ? Qu’est-ce qui rend plus légitime de commencer l’histoire de ses ancêtres à ce moment là et pas à un autre ? Rien. Je pourrais très bien aussi prendre la tradition romaine, car cette religion a aussi été pratiquée sur ce territoire durant l’antiquité ou bien encore être protestante. Car il y a eu aussi des foyers de protestantisme (durement réprimé) dans ce territoire. Il n’y a pas eu d’élection officielle de la période historique la plus valeureuse, pour déterminer l’une d’elles comme la meilleure. C’est un choix subjectif ou une préférence personnelle, que de s’arrêter sur une période plus qu’une autre. Le raisonnement rationnel n’a rien à voir là-dedans.

L’opposition au monothéisme comme motivation ?

Quoi que, je connais bien une motivation, qui peut chez certaines personnes, amener à ce choix. L’opposition au christianisme. Car le druidisme ou la tradition celtique est celle de mes ancêtres avant la christianisation. Mais alors, cela signifie que ce choix se fait par rapport à eux. Ce serais un choix par dépit… quel dommage ! Personnellement, je ne me définis pas ma spiritualité par par rapport aux religions du livre. Et toi ?

Des noms porteurs d’histoire

Il y a dans les noms de mes ascendants, ainsi que dans les noms de lieux où ils ont vécu des traces de langues germaniques, gasconnes et latines, peut-être même anglo-saxonne. Ma nièce par son père semble avoir des ancêtres espagnols, arrivés peut-être depuis la côte Atlantique à Noirmoutier. Je n’ai pas fini mes recherches. Et les archives ne permettent pas de tout savoir. Si je devais avoir une spiritualité conforme à celle de mes ancêtres, je me retrouverai en faite avec un patchwork de divinités. Mon panthéon devrait faire des emprunts peut-être à toute l’Europe continentale, peut-être même le bassin Méditerranéen et peut-être d’ailleurs. Bref un truc qui ressemblerait plus à du paganisme éclectique, qu’à une tradition ancienne en particulière. D’ailleurs en quoi mes aïeuls pictons auraient-il plus d’influence sur moi, que les gascons, les gallo-romains ou les germaniques, ou encore ceux dont je ne soupçonne pas l’existence faute de traces écrites ? Rien. Cette préférence ou cette affinité est propre à chacun.

Quand les divinités voyagent avec les hommes

L’étude de l’étymologie des lieux-dits en lien avec les divinités m’a appris une chose. Les noms de lieux évoluent en fonction des civilisations et des populations, qui les habitent. Et on peut donc très bien avoir adoré une divinité indo-européenne en un lieu, puis une celtique a pris sa place, puis une gallo-romaine et puis en arriver même à un saint chrétien. Souvent, elles peuvent partager des points communs, car on efface pas si facilement les habitudes. L’exportation des divinités à l’époque gallo-romain a aussi montré, qu’elles ne s’attachent pas forcément à un lieu et voyagent aussi avec les hommes. Les mouvements migratoires plus récent le montrent aussi. Je pense aux hindous. Par exemple, Kali, Ganesh et Durga ne sont pas restés attachés au continent asiatique. Ils sont aussi là où leurs fidèles se sont implantés. Le shinto japonais, dont pourtant les esprits sont très attachés aux lieux, possède un temple en Europe implanté il y a 35 ans à Amsterdam (Japanese Dutch Shinzen Foundation). Le vaudou est une tradition dont les racines sont africaines. Mais ces divinités ont voyagé avec les populations déplacées de force, par la traite négrière, jusqu’en Amérique. Et elles s’y sont implantées. Alors les divinités attachées à un sol, vraiment ? L’histoire de l’humanité me démontre, que ce n’est pas si simple que cela. Prenez un jeune homme blanc américain, qui a des origines irlandaises, françaises et cherokee. Si il prend la tradition du sol, sa religion devrait être amérindienne. Si il prend celle de ses ancêtres, il va se retrouver partagé entre du christianisme, de la tradition celte, peut-être un peu de germanique, du gallo-romain et que sais-je d’autres. Tu comprends le dilemme ?

Série TV inspirée du livre American Gods
Série Tv inspirée du livre American Gods
Les dieux Anansi, Efrit, Baldr, Odin, Lugh, Thot et les humains Laura et Salim

Et notre époque ?

Si les époques précédentes ont vu leurs cultures évoluer avec les mouvements migratoires, les guerres, les invasions ou encore la politique, etc. Notre époque a une autre forme d’influence le commerce mondiale ou la mondialisation et Internet. Je ne suis pas là pour en faire l’éloge. Je connais aussi ces impacts négatifs et j’en suis aussi critique. Mais, c’est un fait. C’est un phénomène que je ne peut pas nier, jusque parce que ça me déplaît. Il est propre à notre époque et il entraîne un brassage d’idées, d’influences culturelles et aussi spirituels sans précédents. Ce qui signifie aussi que nous sommes mis en contact avec des idées et des formes de spiritualités venant de toute la planète, sans forcément nous déplacer. Ceci explique donc que des personnes puissent être mise en contact et adhérer à des spiritualités, ni de leur sol, ni de leurs ancêtres. C’est propre à notre époque. Je ne dis pas que c’est bien ou mal. Ici, je constate un fait. Nos ancêtres vivaient selon leurs époques et ce qu’ils s’y passaient, donc ces personnes font comme eux. Elles vivent selon les caractéristiques de leur époque et ses grands courants d’influence. Sans copier la tradition de leurs ancêtres, elles vivent pourtant avec la même logique. C’est à dire vivre avec son temps.

L’identité est une construction

Je reconnais que mon héritage spirituel est bigarré et issus de diverses influences. C’est une réalité. Un fait. Je n’ai donc pas honte de cela. Je ne suis pas moins légitime, ni inférieure à d’autres, parce que mon chemin est le reflet de ce patchwork d’influences. Je suis l’héritière de populations et de leurs cultures, qui ce sont affrontées et qui se sont mélangées. J’expérimente « ce qui est divin » au quotidien, car la vie est ma plus grande enseignante. Je vis au XXI ème siècle avec ce que cela implique de bouleversements culturels. Ce qui fait que je suis une (moi) et multiple, car le fruit de multiples héritages et de mes expériences.

Tout est en mouvement…

N’est-ce pas un enseignement du paganisme, que de nous rappeler que la vie est un perpétuel mouvement ? L’existence est une suite de changements et d’évolutions. Rien n’est fixe. Les civilisations naissent et meurent aussi. C’est le grand cycle vie, mort, et renaissance. Je pourrais aussi ajouter, que l’identité culturelle (spirituelle aussi) est une construction et prendre la suite des articles sur l’identité, que je n’ai pas fini (article 1, article 2). Car il y a des liens entre cet article et cette notion. Mais, le sujet est dense. Mes connaissances sont encore fragiles et légères sur le thème de l’identité. Je préfère donc prendre le temps d’étudier et de réfléchir, pour revenir sur ce sujet.

Respecter la liberté de conscience

Je n’ai rien contre les traditions anciennes ancestrales, locales, du pagus, etc. J’ai des amies dans ces voies et je me prend pas la tête avec elles. Le respect est présent. Je n’ai aucune envie de les faire changer de voie et elles non plus. Car nos choix sont aussi dignes de respect les uns que les autres. Non, ce qui me gêne en fait, c’est sous couvert de donner des « bons conseils » de sagesse, de formuler des injonctions à suivre une voie plus qu’une autre, parce qu’elle serait plus légitime. Ces formules toutes faites sont faciles à reconnaître, car elles emploient l’impératif présent et/ou utilisent les verbe « devoir » et « falloir ».

Je te souhaite de pouvoir expérimenter librement et de vivre la voie, qui te correspond.

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