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Si tu veux embrasser la lumière, tu dois aussi embrasser l’ombre

Je n’en suis pas à ma première rencontre avec l’ombre, dans le sens d’obscurité et de déesse sombre. Il existe aussi la notion d’ombre en psychologie analytique (voir Jung). Mais cette année, Samhain est vraiment marqué par un moment de ma vie où je me sens psychologiquement dans l’obscurité. Une de ses périodes d’introspection et de repli qui vous poussent à explorer vos tréfonds, là où c’est déposé une vase, une boue et des immondices, qu’il était jusqu’alors pas possible d’affronter. Car, on ne choisit pas ce ce moment. Et il est aussi très difficile d’être compris dans ces moments-là, même par ses proches.

Incommunicabilité

Je suis dans une phase presque d’incommunicabilité de ce que je ressens avec beaucoup d’entre eux. Comme si nous n’étions pas dans le même monde ou ne parlions pas la même langue. Même quand ils essaient de m’aider ou d’exprimer qu’ils comprennent, leurs paroles me renvoient au contraire la sensation d’être incomprise ou qu’ils sont à côté de la plaque. Ou alors ce sont mes paroles, qui sont mal comprises et réveillent leurs propres blessures. Alors, ce sont leurs douleurs qui s’expriment. Failles que je ne suis pas apte moi-même à entendre actuellement. J’en suis navrée et honteuse, ajoutant de la culpabilité au mal-être déjà présent. Je me sens à vif, blessée, en colère, triste, honteuse et confuse. Une foule d’émotions se bousculent et alternent. Dans ces conditions, il est aisé de comprendre pourquoi on enseigne aux thérapeutes à ne pas soigner leurs familles, mais à les adresser à un confrère. En effet, les liens qui nous unissent et les rôles que nous jouons au sein d’un cercle de proches, peuvent se révéler dans ces cas-là des entraves. Nous percevons alors l’autre de façon biaisée et subjective par rapport à la place qu’il occupe dans notre vie, le rôle qu’il joue, le rôle que nous jouons, notre passé commun, etc.

Solitude chérie, haïe et hypersensibilité

Je sais que je vais passer par une phase de repli, d’hibernation ou de recentrage. Peut-être de solitude. J’ai besoin de ses moments pour me ressourcer et en même temps j’ai peur de finir seule. Paradoxal. J’ai décidé de m’éloigner de mes proches avec qui la communication semble difficile, sans forcément être conflictuelle, mais ça ne passe pas. C’est comme si nous ne parlions pas la même langue et ne venions pas du même monde. J’ai déjà fait un progrès. J’ai compris et admis mon hypersensibilité. Je me savais introvertie, je sais ce que ça implique et que ce n’est ni une tare, ni une maladie. La leçon de cet automne pour moi, c’est accepter mon hypersensibilité, l’apprivoiser et comprendre qu’elle est aussi un atout. J’ai commencé à partager sur un groupe de discussion d’hypersensibles. Et j’ai trouvé des gens comme moi, dont le vécu est similaire. C’est réconfortant.

Retirer son armure, baisser son masque…

C’est comme si je pouvais commencer à enlever un masque et une armure portée trop longtemps pour être « comme tout le monde » en pensant avoir un problème, être anormale. Mais qu’est-ce que la norme ? La norme n’existe pas. C’est un idéal fantasmé à partir de moyennes statistiques auxquelles personne ne correspond vraiment. La grande initiation de la vie se poursuit. C’est comme si phase après phase, je pelais l’oignon de mon être pour me rapprocher toujours plus du cœur de celui-ci, la part la plus authentique.


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