Autonomie, créativité, authenticité et libre expression dans le domaine spirituel

Retour à la sagesse égyptienne ?

Je crois qu’on ne quitte jamais totalement l’Égypte, quand on tombé une première fois amoureuse de sa sagesse et de sa spiritualité. Même si aujourd’hui mon parcours est plus éclectique, mon premier amour, mes racines et ma tradition « mère », si on peut dire, demeure la sagesse de l’Égypte antique.

Ces lectures, qui influencent le cours de votre vie…

Trois ouvrages ont particulièrement marqué mon parcours. Premièrement, il y a eu le livre sur l’Égypte et la Grèce antique, que ma mère m’avait acheté à une vente organisée par l’école primaire à la fin de mon année de CME2. Puis, plus de dix ans plus tard, deux ouvrages ont achevé de me conduire sur le chemin de la spiritualité égyptienne, La sagesse égyptienne et le roman La reine liberté (sur la reine Iahotep), tous deux de Christian Jacq. Mais aujourd’hui, si je reviens vers l’Égypte, c’est avec l’expérience et le recul des années passées. Ce n’est pas en reconstructionniste, en tout cas. La quête de la prêtrise Ouab et celle de la reconstitution du calendrier égyptien m’ont appris pas mal de choses. Pas celles auxquelles je m’attendais d’ailleurs. Sinon quel intérêt ? Cette forme d’initiation donnée par la vie et l’expérience est d’autant plus intéressante, qu’elle vous amène là où vous ne le soupçonniez pas au départ. Sinon, vous n’auriez rien à apprendre. Il n’y aurait ni évolution, ni transformation. Elle bouscule vos idées préconçues.

L’Ouab et l’authenticité

La prêtrise Ouab a été la quête de l’authenticité, qui est la pureté. Il s’agissait de se défaire des attentes des autres sur soi, de ses propres attentes trop idéalistes, trop perfectionnistes et des croyances des autres qu’on adoptent sans les questionner, plus ou moins consciemment. Pour être simplement soi, comme au premier jour de sa vie, comme au premier matin du monde.

Le calendrier et le rapport au temps

La quête du calendrier m’a appris non pas à adopter les dates de fêtes des anciens ou à les copier. Non, cela c’est le premier objectif que l’on a en débutant dans cette recherche, la première phase de l’expérience. En cherchant à aller plus loin, je suis ensuite passé à comprendre leur rapport au temps, ce qu’est un calendrier et les principes sous-jacents, leur vision du monde. Le « Quand » a lieu tel fête, c’est la surface de la réflexion, le premier stade de la quête, ce que je pensais être le « but » de prime abord. On ne se questionne pas assez sur ce qu’est un calendrier à mon sens. Parfois même on élude des élements, qui dérangent. Par exemple le fait de ne plus vivre sur le même sol ou à la même latitude. Pourtant celui-ci est aussi important et déterminant dans l’élaboration d’un calendrier. Resté lié au sol, c’est aussi se garantir une démarche de réflexion bien ancrée dans le présent, l’ici et maintenant et le concret. Garder lié l’aspect matériel et immatériel dans la conception du calendrier. Avouons-le, le calendrier est devenu un objet banal de notre quotidien. Il nous ai rappelé par les montres, les ordinateurs et les éphémérides. Pourquoi s’interroger sur notre rapport au temps et au cycle de la nature, quand une alarme bip pour nous rappeler ce qu’on doit faire ? Il me semble que bien peu de personnes s’interrogent vraiment là-dessus (si c’est pas le cas, levez le doigt, je vous vois pas… ou laissez un commentaire). Pourtant c’est un bon sujet de philo et spirituel. Ce concept semble évident, simple, banale a priori. Erreur. Il est profond et peu conduire à un questionnement existentiel.

Un calendrier reconstitué, vraiment utile ?

C’est ainsi que la nécessité de refaire un calendrier copié des anciens dans la forme m’est apparue inutile et une quête vaine. Pour moi. Vous êtes libre de penser et faire le contraire. Bien entendu. Il ne s’agit ici que de ma propre expérience. Peut-être vais-je en faire hurler certains en écrivant. Tant pis, je n’ai pas eu peur de remettre en question mes propres croyances en avançant, quite à me dire que je pouvais avoir fait fausse route. Et croyez-moi c’est pas agréable après des années de recherches. Je n’ai pas (plus) peur de celle des autres. Je ne suis pas les anciens. Je ne vis pas à leur époque, ni dans le même pays, ni avec les mêmes conditions. C’est un fait. Je l’accepte. Et il n’y a aucune honte à cela, ni aucune nostalgie à avoir d’un âge d’or. Il m’a semblé plus important de comprendre les principes en action derrière l’œuvre du calendrier, le pourquoi, le à quoi ça va me servir concrètement et avec quoi cela s’harmonise maintenant.

L’affirmation d’une identité

Ainsi je fais aussi comme les égyptiens, qui vivaient avec leur époque et les conditions de leur sol. Évidement, avec cette logique, je risque d’aboutir à un calendrier qui ressemble à un calendrier druidique ou celtique, si je prend en compte les saisons de ma zone géographique… je ne peux pas aboutir à un calendrier identique à un habitant de l’Égypte. Ce qui peut faire craindre de perdre la spécificité « égyptienne » ou disons carrément l’identité. Car il y a ça aussi en jeu dans ce calendrier voulu fidèle aux anciens. Le truc, qui fait qu’on me confond pas avec un druidisant, un wiccan, un chrétien ou un Asatru. Ben oui, dire qu’on suit la tradition égyptienne et avoir un calendrier de célébration basée sur les équinoxes et solstices européen, plutôt que la crue du Nil. C’est un peu : « What the fuck ? » a priori. Ou pas….

Le netjer ici et maintenant

Le netjer (divin, divinités) est en action dans la nature et dans la vie même. Si j’observe la nature, la vie même, ses formes et ses cycles, j’observe le netjer en action partout où je me trouve, Égypte ou pas. Je touche à l’intemporel, au principe en action derrière la forme. La forme c’était le calendrier avec ces noms en écriture hiéroglyphiques, ces 360 jours et 5 jours additionnels, sont harmonisation avec la crue du Nil. Il était spécifique à une époque et à un lieu donné. C’était la réponse adaptée à cette civilisation à ce moment-là. D’ailleurs depuis, la crue du Nil n’a plus lieu après le barrage d’Assouan et le le lever de Sothis, qui coïncidait au début de la civilisation égyptienne avec le solstice d’été et le début de la crue, est totalement décalé et a lieu en aout. Même les phénomènes astronomiques et naturels, qui soutenaient ce calendrier, ne sont plus en accord. Comme si leur harmonie avait cessé conjointement avec l’age d’or de la civilisation, qui s’accordait sur eux.

L’exil de Sothis

A propos du décalage du lever héliaque de l’étoile de Sothis avec le début de la crue, je l’ai même appelé à une époque l’exil de Sothis (Sopdet). Les suivants des netjerou sont d’ailleurs peut-être eux aussi en quelque sorte en exil. Car on les trouve aujourd’hui tout autant (probablement) hors de la terre d’Égypte, que sur son sol même. Ici et maintenant, là où je vis, il n’y a pas de Nil. Y’a la Boulogne, la Garonne, la Loire, La Vienne, La Marne, etc. Pourtant, le netjer (principe divin) est toujours en action. La sagesse et la spiritualité égyptienne inspirent toujours des gens, de différents âges et de divers horizons. Aujourd’hui, je pense que copier une civilisation éteinte n’est pas forcément la démarche la plus appropriée pour renouer avec sa sagesse. Elle reste à définir et chacun des amoureux de cette tradition est acteur et créateur de cette ou ces formes contemporaines. Car les anciens eux-mêmes d’une ville à l’autre n’avait pas ni le même dieu créateur, ni les mêmes mythes, ni les mêmes fêtes. L’unité dans la diversité fait partie de cette sagesse. Je suis plutôt pour perpétuer le fond, les principes fondateurs ou le cœur d’une tradition, et admettre de faire évoluer les formes en fonction de l’ici et maintenant.


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