Quelle horreur néo-païenne, ça veut aussi dire New Age ?

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(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant d’octobre 2015)

 

J’ai partagé un de mes textes à mon réseau de contacts (octobre 2015), il y a de cela plusieurs semaines. Parmi ce réseau, une personne m’a répondu en parlant du New Age. Cette appellation a retenu mon intérêt. En effet, l’étiquette New Age est un qualificatif que j’ai fui, auquel je ne souhaitais pas correspondre ou adhérer. Pour moi, elle était plutôt péjorative, synonyme de fourre-tout ou de bricolage spirituel ! Et pourtant en me relisant et en consultant les caractéristiques de ce mouvement selon Wikipédia (média certes imparfait, je vous l’accorde, mais auxquels tous les lecteurs de ce blog ont accès) et de quelques auteurs sociologues, j’ai bien été obligé de me rendre à l’évidence. Sur plusieurs points, ma spiritualité a des caractéristiques communes avec le New Age. Oh my goddess ! Ais-je eu soudain envie de m’exclamer face à cette révélation embarrassante… Serais-je soudain face à une partie de mon ombre ? Vous savez ce qu’on rejette et qu’on critique chez les autres, parce qu’on a du mal à accepter en être soi-même porteur… J’ai ressenti comme un petit malaise, une sorte d’embarras…

Rechercher des sources sur le sujet du New Age

Etant donné que Wikipédia n’est pas toujours une source fiable, j’ai recherché sur internet si il n’existait pas des travaux de sociologues sur le sujet. Et je suis tombé sur l’article de Martin Geoffroy : « Pour une typologie du nouvel âge » (1999). Martin Geoffroy est Ph.D. sociologue, professeur en sociologie au Cégep Édouard-Montpetit. Son blog est : http://martin-geoffroy.blogspot.fr/. J’ai préféré le travail d’un universitaire au point de vue d’une institution religieuse sur le sujet. Car la vision des autres religions est parfois faussée, du fait qu’elles partent du principe que tout ce qui n’est pas conforme à leurs doctrines est un égarement.

Que dit wikipédia sur le New Age ?

Je vais essayer de résumer… Selon wikipedia (en 2015 au moment où l’article à été écrit) le mouvement New Age est une approche :

– individuelle et éclectique;
– syncrétique;
– qui souhaite transformer les individus par l’éveil spirituel et changer l’humanité;
– qui propose une quête hors des structures historiquement constituées comme les églises par exemple;
– issue du phénomène plus globale des nouveaux mouvements religieux qui ont émergés à partir des années 1960 et qui sont en partie héritiers de la théosophie.

Le New Age se nourrit de plus de sources multiples comme :
– le channeling ou la communication avec des entités spirituelles (anges, maîtres spirituels, maîtres ascensionnés, divinités, bouddha, saints…);
– la guérison et le développement personnel;
– le recours à des références scientifiques ou pseudo-scientifiques (physique quantique, NDE…);
– le néopaganisme ;
– le thème de l’avènement d’un nouvel âge ou l’âge du Verseau.

Qu’ai-je en commun ou pas avec cette vision ?

Ma démarche partage avec cette définition du New Age le fait d’être :

– individuelle et éclectique;
– syncrétique;
– hors des structures historiquement constituées;
– teintée de référence au développement personnel, parfois aussi un peu scientifique avec la physique quantique;
– et un peu aussi de communication avec des entités spirituelles, si je pense à la dévotion envers mes divinités;
– néopaïenne.

Mais, ma pratique et mes croyances n’incluent pas de référence au thème de l’avènement d’un nouvel âge ou l’âge du Verseau ou à l’idée d’éveil spirituel, quoi que le thème de la démarche initiatique puisse s’en approcher.

Que dit Martin Geoffroy sur le New Age ?

L’auteur commence par présenter les définitions du New Age selon plusieurs auteurs et constate que il semble y avoir autant de définitions du NA qu’il y a de chercheurs pour les formuler. Ces auteurs sont :

– Françoise Champion, sociologue française, chargée de recherches au CNRS, Groupe de sociologie des religions et de la laïcité, qualifie le New âge de « nébuleuse mystico-ésotérique »;
– le sociologue belge Van Hove considère le New Age comme une composante d’un « immense marché de la spiritualité »;
– V.Vaillancourt et A.Kubiak envisagent le New Age comme une forme de religiosité post-moderne;

Voici comment il définit la religion et le New Age en introduction de son article :

« Ce tour d’horizon me permet de préciser ma propre définition de la religion et surtout du NA. J’envisage la religion comme une structure sociale ayant pour objectifs l’élaboration et le maintien de systèmes de sens ultimes de l’existence. Son organisation doit être en constante mutation pour lui permettre de s’adapter aux changements sociaux. Ces « mutations » servent à harmoniser les systèmes de sens désuets avec les nouvelles conditions sociopolitiques qui se mettent en place au fil de l’histoire. Le NA est religieux parce qu’il vise la transformation de ces systèmes par le biais d’une démarche spirituelle, sociale et culturelle. Le NA serait la plus récente mutation des systèmes de sens ultimes. On pourrait même affirmer qu’il est une mutation radicale, puisqu’il remet en question les fondements mêmes de l’organisation religieuse, d’où la nécessité de construire une typologie qui serait propre au phénomène du NA. Celui-ci est un réseau informel de personnes ayant des affinités spirituelles, sociales, culturelles et techniques, un réseau qui établit un lien virtuel entre des individus de toutes les couches de la société occidentale, engendrant ainsi une nouvelle façon de vivre la religion au quotidien. » (page 12).

Enfin, l’auteur fait référence au point de vue du sociologue Michael York, point de vue qu’il partage et sur lequel il s’appuie pour son article, notamment les caractéristiques suivantes :
– le New Age a un leadership polycentrique, pas de porte-parole unique, aucun individu n’exerçant un pouvoir régulateur, aucune personne ne prend de décisions au nom d’une majorité;
– manque de consensus sur les buts du mouvement et les moyens de les atteindre;

Selon M.York, c’est une force qui lui permet de s’adapter aux changements sociaux et même d’innover. Enfin une organisation segmentée et non centralisée composée de plusieurs cellules organisationnelles est difficile à surveiller ou à influencer.

Martin Geoffroy expose ensuite la typologie qu’il a construite spécifiquement pour le New Age. Il a dégagé 4 dimensions dans ce mouvement, afin de recenser les grands courants idéologiques qui caractérisent le N.A :

  • sociale,
  • culturelle,
  • ésotéro-occultiste,
  • biopsychologique.

Ces 4 dimensions se subdivisent elle-même en sous-dimensions.

  • Dimension sociale : holisme, écologisme et pacifisme.
  • Dimension culturelle : musique, littérature, art visionnaire.
  • Dimension ésotero-occultiste : gnose, ésotérisme, occultisme.
  • Dimension biopsychologique : thérapies holistes, mouvement du potentiel humain, religions de guérison.

A propos de son enquête, il dit :

« Mon concept opérationnel est celui d’un « réseau du nouvel âge » dans le sens d’un réseau social défini comme un rassemblement informel d’individus ou de groupes ayant une appartenance ou une sensibilité commune, soit, dans le cas qui nous occupe, une forme d’affinité spirituelle et émotionnelle. Pendant cinq ans, soit de 1992 à 1997, j’ai fréquenté les lieux d’échanges culturels et sociaux du réseau du nouvel âge à Montréal (librairies, restaurants végétariens, boutiques de cristaux, d’encens et de pyramides, galeries d’art visionnaire, etc.), assisté à divers événements culturels (concerts de musique NA, vernissages) et analysé le contenu et le tirage des publications spécialisées. J’ai aussi essayé diverses « thérapies holistes » (chiropractie, homéopathie, naturopathie, acupuncture, reiki, etc.) et suivi des cours de « croissance personnelle » (celui de Sylva Bergeron et plusieurs autres). J’ai également fréquenté plusieurs personnes qui prétendent au titre de psychothérapeutes et même assisté à une « tenue blanche » d’une loge franc-maçonnique humaniste. Toutes ces expériences, qu’on pourrait qualifier d’« observation participante », ont été faites dans le cadre strict d’un projet de recherche et avec tout le détachement qu’impose la démarche scientifique en sociologie. La collecte des données a été complétée par des entrevues réalisées avec quelques porte-parole du mouvement NA, soit Marilyn Ferguson, Pascal Languirand et Jac Lapointe. »

A noter que l’auteur classe le néopaganisme (animisme, religions nordiques, wicca, sorcières et witchcraft…) dans la dimension ésotero-occultiste du New Age et en particulier sa subdivision gnostique (page 24). J’inviter les lecteurs qui souhaitent connaitre plus en détail l’article de Martin Geoffroy à le consulter au format pdf sur : http://classiques.uqac.ca/contemporains/geoffroy_martin/typologie_nouvel_age/typologie_NA.html (si le lien ne marche pas faire une recherche sur Google)

Bilan de 1ére lecture ou 1ére impression (octobre 2015)

Après cette lecture, ma vision du New Age ou Nouvelle Age est devenu moins péjorative. J’ai plus l’impression d’y voir le bouillonnement d’une phase de transition spirituelle, que réellement un mouvement. La définition de Martin Geoffroy me semble intéressante et pertinente. Car, cette mouvance spirituelle occidentale n’est pas vraiment comparable aux mouvements spirituels et/ou religieux précédents. Il n’y a d’abord pas de doctrine unique ou centrale, ni de leader ou d’institution de référence. Comme le dit l’auteur Françoise Champion, je perçois le nouvel âge plutôt comme une nébuleuse, un truc un peu brouillon de personnes partageant une sensibilité et des centres d’intérêts communs, sans pour autant adhérer tous strictement aux mêmes croyances, ni avoir les mêmes pratiques. Cela me donne matière à réfléchir. Je trouve que finalement cette mouvance est à l’image de son époque. Je doute que nous puissions résumer seulement à un égarement ou un effet de mode. Et surtout, je découvre en quoi, sans l’avoir cherché ou sans m’en revendiquer, des caractéristiques de mon cheminement sont communes avec le nouvel âge. Je reviendrais peut-être sur le sujet plus tard. Car finalement ça soulève autant, si ce n’est plus, de questions que de cela n’apporte de réponses. Je n’ai fait que survoler le sujet. Découvrir l’avis de sociologues sur le sujet est  intéressant, car je ne suis pas forcément un critique objectif, en ce qui concerne mes pratiques et ses croyances.

IMPORTANT : l’écriture web étant parfois imparfaite à rendre un point de vue, il est possible que certaines subtilités de ma pensée ne soient pas correctement traduites par mes mots, malgré ma vigilance. Si vous avez un doute, posez-moi une question, plutôt que d’interprétez mes propos en vous basant sur des impressions. Merci.

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