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(Néo-)Paganisme et ouverture d’esprit

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Je me rends compte aujourd’hui, que le (néo-)paganisme est une voie qui m’a permis d’enrichir mon vocabulaire religieux et d’être plus curieuse dans ce domaine. Il faut dire, que cette expérience est difficilement comparable avec la catéchèse. Le (néo-)paganisme a demandé un engagement personnel plus important de ma part. De plus, la multitude de traditions et de courants, au coeur de cette mouvance m’a amené à côtoyer, à étudier et à ritualiser avec des personnes ne suivant pas exactement la même voie que moi. Nous nous contrefichions de savoir lequel de nous était le plus dans le vrai. Le plus important était d’être rassemblé pour partager ensemble un moment de devotion et de fraternité.

La catéchèse, le choix des parents et l’incohérence des adultes 

Si je dois comparer mes années de catéchèse avec mes années d’initiation au (néo-)paganisme, je dirai que cela n’a vraiment, mais vraiment rien à voir. Commençons par le commencement. Je n’ai pas choisi de devenir catholique, ni de suivre la catéchèse, ni de faire mes communions. Donc à chaque cérémonie de ce type, j’ai du mentir et réciter des paroles vides de sens pour moi, pour faire plaisir aux adultes. J’ai donc menti pour suivre une religion, qui condamne le mensonge. Imaginez dans la tête d’un enfant ce que peut représenter cette incohérence approuvée par les adultes. Je n’en veux pas à mes parents. Je leur ai dit que je ne voulais pas faire ma communion, mais ils n’en ont pas tenu compte. Pour eux, cela semblait le meilleur choix possible en accord avec leurs convictions. Ce n’est pas facile d’être parent. De plus, nous étions encore à une époque où ne pas être baptisé, ne pas être marié à l’église ou pire divorcer, était mal vu. Le qu’en-dira-t-on pesait  sur les choix de vie dans une commune d’à peine plus de 500 habitants, dans les années 70.

Le (Néo-)Paganisme, faut le chercher pour le trouver !

Pour le (néo-)Paganisme, c’est différent. Au cours de mon adolescence, j’ai compris que je n’étais ni chrétienne, ni athée, ni agnostique. Les autres grands courants religieux ne m’attiraient pas, sauf un peu le bouddhisme ou les sagesses antiques. Arrivée à l’âge adulte, je savais que j’avais une spiritualité et une croyance en un principe divin, actif autour de moi, lié à la nature différent du monothéisme. Mais, je n’arrivais pas à mettre un nom et des concepts connus dessus. Il a donc fallu que je cherche par moi-même. Ma démarche était différente par rapport à la catéchèse. Avant, il n’y avait pas d’engagement personnel, je subissais les conséquences du choix de mes parents. Là je décidais volontairement de consacrer du temps et d’agir pour comprendre qu’elle était ma voie. Je cherchais des réponses en fonction des questions qui se présentaient à moi et au fil des expériences. J’ai abordé du vocabulaire et des concepts religieux, que je n’aurais probablement pas abordé dans le contexte de la catéchèse, comme par exemple : hénothéisme, monolatrie, pantheisme, panantheisme, kathénotheisme, immanence, transcendence, spiritualité, chamanisme, initiation… J’ai surfé sur le web, j’ai lu, j’ai dialogué et j’ai fait des rencontres. Au passage, je brisais le tabou qu’en dehors des 3 ou 4 grandes religions (les plus connues), il n’y a pas d’autres choix valables et sensés. A partir de là, mon esprit pouvait être plus ouvert à d’autres façon de penser notre rapport au monde et au principe divin (un ou multiple). J’ai brisé la croyance, qui voulait que le monothéisme soit une évolution par rapport aux polytheismes. Comme si ceux-ci avaient été la préhistoire ou les étapes préliminaires avant que l’homme n’évolue vers des entre guillemets «vrais religions».

Un apprentissage perpétuel 

Au coeur du (néo-)paganisme, j’ai découvert et construit ma voie pas à pas. En effet, il n’y a pas :
– un livre sacré de référence comparable à la Bible ou au Coran,
– de dogmes, ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas de valeurs, ni d’éthique,
– une formation standard officielle, mais des formations variables en durée, en qualité et différents d’une tradition/d’un groupe à l’autre,
– de professeurs, de prêtres/prêtresses ou de groupes disponibles près de chez soi pour dialoguer, s’entraider partout,
– etc.
Ceci peut être pour les uns de sérieux inconvénients alors que pour d’autres, ce sont des avantages. Au final, j’ai fait une bonne partie de mon «cursus» autant en autodidacte qu’au sein de cours proposés par des groupes. Mais même au sein de ces cours, il y a beaucoup de recherches, d’expériences à vivre et un travail d’introspection, qui font que les leçons ne donnent pas de réponses toutes faites à l’étudiant. Il devrait, selon ma propre expérience, savoir penser par lui-même, avoir l’esprit critique et être motivé pour trouver ses réponses. Il n’y a pas de petit manuel fournissant du prêt-à-penser, tout cuit et prémâcher style : «Le (néo-)Paganisme pour les nuls». Enfin, l’apprentissage est permanent et sans fin.

Entrer dans cette mouvance n’a pas alimenté ma rancoeur envers le catholicisme ou les monothéismes. Au contraire, elle s’est apaisée. A partir du moment où j’ai trouvé ma voie. J’ai pu reconnaître dans le regard de certains croyants (sauf les extrémistes), la même ferveur que celle qui m’anime. Je distingue ce qui est enseigné par les institutions, de ce qui est pratiqué sur le terrain par les individus. Ceci permet de ne plus juger les uns à partir des erreurs commises par les autres. Bien que le néo-paganisme ressemble pour beaucoup à un fourre-tout de diverses traditions. Je commence à penser que certains de ses défauts peuvent se révéler à l’usage être des qualités. Sa diversité, par exemple, est une invitation à la découverte de l’autre et à demeurer ouvert d’esprit. L’absence d’un leader unique évite d’ériger en «gourou», un individu charismatique ou d’attendre l’homme ou la femme providentielle qui viendra prendre la communauté en main, faire des choix ou penser pour les autres. L’absence d’un livre sacré permet de garder l’enseignement vivant, comme quelque chose qui s’expérimente ici et maintenant au travers des relations sociales, des échanges, du contact avec la nature… C’est très concret. 

 

2 commentaires pour “(Néo-)Paganisme et ouverture d’esprit”

  1. Branwen, le 18 novembre, 2016 à 16 h 14 min Said:

    Il est bon de lire autant de tolérance, et je suis ravie de partager avec toi ce point de vue que l’absence de dogmes (quoi certain(e)s se les imposent parfois) n’existent pas et que l’absence d’un livre sacré rend notre spiritualité vivante, et en perpétuel mouvement. Nous pouvons ainsi puiser dans tout ce qui nous semble essentiel, dans différents courants de pensée et adapter notre pratique à nos idéaux. Sans bien sur et toujours, dénigrer ceux des autres. Merci beaucoup pour ce partage!
    🙂

  2. Sterenn, le 19 novembre, 2016 à 23 h 30 min Said:

    Merci Branwen de ton commentaire. Je suis toujours ravie de connaître l’avis des lecteurs sur les sujets abordés. Effectivement, l’absence de dogmes, de livres sacrés, ça peut déranger, car cela apparaît comme le cadre ou les supports classiques, attendus d’une religion. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas , je pense aux traditions orales, aux cultures ou l’écrit était absent ou moins important.


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