Pourquoi je ne suis plus reconstructionniste  ? 

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J’ai commencé mon cheminement de néo-païenne avec la tradition égyptienne, aussi appelée  kemetisme  (kemitisme, orthographe variable) ou netjerisme. J’ai été sincèrement et profondément engagée dans cette voie pendant plusieurs années, au point de penser que c’était définitivement ma Voie (avec un grand V). A cette époque je n’aurai pas cru celui ou celle, qui m’aurait prédit que je viendrais un jour à la religion de ma terre. La vie nous réserve parfois de drôle de surprise. Cette tradition à été comme une sorte d’école ou d’introduction au polythéisme. Je comprend que de nombreux grecs anciens aient pu se rendre en Égypte pour y être instruits (ou le prétendre). C’est une tradition ancienne, riche et pleine de sagesse. A cette époque là, je me considérai  reconstructionniste et je n’aimais pas le terme néo-paganisme. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. 

Parlons du reconstructionisme 

C’est un mot récent. Il me semble, qu’il est propre au milieu païen. Il est d’abord apparu sous une forme anglophone avant d’être francisé. Je ne pense pas qu’il figure dans le dictionnaire (j’ai une veille édition du Larousse qui date beaucoup…). Lorsque j’étais netjeriste, je me reconnaissais dans ce terme. En effet, je pensais participer à la reconstruction ou restauration d’un culte éteint. Une sorte de résurrection. Hors au fil de ma pratique et de mes expériences, j’ai compris que le passé ne se reconstruit pas, même avec la meilleure volonté du monde. Une reconstruction, même la plus fidèle possible aux sources, est une création contemporaine. En ce sens, je trouve le terme néo-paganisme pertinent. Car il traduit bien cette idée de renouvellement (néo) tout en étant affilié à de l’ancien (paganisme antique). La reconstruction s’opère au présent, d’après des traces du passé qui n’en restituent pas l’intégralité. Ces éléments permettent de se faire une idée de ce qui fut. C’est donc une projection mentale à partir de laquelle se construit une pratique cultuelle . Elle est susceptible d’être influencée par le filtre culturel et/ou personnel de celui/celle qui interprète. Faute de sources écrites ou de témoignages matériel, la vision que l’on se construit, est lacunaire  ou composée d’hypothèses, qui peuvent être réfutées à la moindre nouvelle découverte. 

Une création et alors ?

Toute création ne part jamais de rien. Elle se nourrit toujours de l’existant ou de ce qui a pu la précéder, même si elle semble innover ou marquer une rupture. Ainsi, les nouvelles religions du New Age, a bien y regarder, reprennent souvent des éléments déjà présents dans les spiritualités, qui les ont précédées. Comme le dit justement Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme.» Si pratiquer un culte antique polythéiste éteint peut surprendre nos contemporains, je ferais remarquer que créer une nouvelle religion ou une tradition est un sujet tout aussi tabou. En matière de spiritualité, il me semble que si les formes évoluent, le fond quant à lui demeure. C’est-à-dire le désir de se relier au divin, qu’il soit un ou multiple, comme les chemins qui y mènent. Et cette diversité est une richesse.

 

Un commentaire pour “Pourquoi je ne suis plus reconstructionniste  ? ”

  1. Je me souviens encore de ma surprise quand j’ai compris que tu t’étais éloignée du chemin de la tradition égyptienne, ça me semblait énorme comme nouvelle ! C’est sans doute à cause de cette surprise que j’ai d’autant plus apprécié de pouvoir continuer à te lire : cela me permettait de comprendre, au moins en partie et à travers cela de me tranquilliser aussi sur mes propres évolutions / tâtonnements.
    Donc, oui, en effet, on peut discuter des panneaux de signalisation à mettre au bord des routes, reconstructionisme ou pas, mais in fine je crois que l’essentiel est bien là : « En matière de spiritualité, il me semble que si les formes évoluent, le fond quant à lui demeure. C’est-à-dire le désir de se relier au divin, qu’il soit un ou multiple, comme les chemins qui y mènent. »…
    A titre personnel, j’ai beaucoup de mal à étiqueter ma pratique (à part peut-être la qualifier de… personnelle 😀 !!) et le terme de neo-paganisme est le seul finalement dans lequel je me retrouve (paganisme moderne m’allait bien au début, mais ça sonne moins bien je trouve ! Et puis moderne…. jusqu’à quand 😀 ?)
    Je profite de ce passage ici pour te souhaiter des belles fêtes de fin d’année (et te dire que j’espère que tu t’es bien remise)

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