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La divinité, bien plus qu’une simple image

Je prends les sujets de réflexion tel qu’ils viennent en ce moment. Aujourd’hui, c’est l’image de la divinité. Et puis l’image quelque part cela rejoint aussi l’idée de nommer ou désigner. Dans les traditions modernes païennes (on dit aussi néo-païennes), résurgences d’anciennes traditions, il y a des représentations de la ou des divinités anthropomorphes et zoomorphes. Est-ce que cela signifie que la/les divinités sont perçues comme de formes humaines ou animales ? Le divin a-t’il une forme ou des formes ? Est-ce de l’idolâtrie ? Cette façon de représenter les divinités peut poser question aux autres, comme à soi-même. J’avertis le lecteur que j’aborde le sujet sous l’angle de ma propre expérience. Il ne s’agit pas de faire une dissertation ou étude sur le sujet.

Représentation du divin sous formes humaines ou animales

J’ai des représentations de « ce qui est divin » sous des formes humaines ou animales, ayant leurs noms propres et leurs attributs spécifiques sur mes étagères. Pour autant, je peux m’en passer. Parfois, même je les oublie. Et je conçois que ces images sont imparfaites à représenter la nature du divin.

Elles ne sont qu’un moyen ou un support pour s’approcher de la compréhension de « ce qui est divin » et aussi un support de dévotion. C’est à dire quelqu’un chose de concret, tangible, palpable sur lequel je peux poser mon regard et focaliser mon attention. Parce que vous avez essayer vous de focaliser votre attention sur La divinité, quand les textes la décrivent comme l’incommensurable ? Pas facile, n’est-ce pas ! Nos sens ont leur limites. Le divin, non !

Un support adapté au monde matériel

L’icône du dieu ou de la déesse est un objet adapté au monde matériel. Il est conçu pour notre incarnation sur terre, qui requiert l’usage d’un corps. Ce dernier perçoit le monde via les 5 sens pour s’en faire une représentation. Il lui faut donc un objet, qu’il puisse capter par les 5 sens pour se représenter une idée du divin. L’iconographie des divinités est une langue, qui nous présente et nous racontent ce qu’est le « divin ». Un langage imagé et symbolique adapté à nos moyens et à notre monde.

Définir l’indéfinissable

En effet, même si « ce qui est divin », à la fois un et multiple, dépasse mon entendement ou ce que je peux imaginer et exprimer.  Pour m’adresser à lui/elle il est plus pratique de le représenter par un objet ayant une forme identifiable et qui fait référence à du connu. Il est alors possible d’utiliser un animal pour incarner certaines qualités, un homme ou une femme porteur de certains objets, dont les fonctions évoquent ses pouvoirs. Il peut s’agir aussi d’un symbole.

Les limites du support de dévotion

Ceci signifie aussi que ce support est réducteur. Il pose des limites, à ce qui est sans limites. Il donne une forme, à ce qui est sans forme et qui les possède toutes. Il en est de même pour le nom. Il ne cerne que quelques aspects, d’une puissance qui possède de multiples facettes. Ce qui explique la multiplicité de noms, qui a pu être donné à la divinité et la multiplicité des formes depuis les débuts de l’humanité. Car aucun n’a jamais pu cerner l’essence de la divinité dans sa globalité.

Et l’idolâtrie ?

L’idolâtrie, en général, c’est une pratique reprochée par les religions du livre aux païens. Il s’agit de la vénération des images ou des représentations du divin. C’est d’ailleurs un mot qui appartient à leur langage et leur vision du monde. Pourtant, cela ne signifie nullement que tout ceux qui se servent d’une image du divin, soient des idolâtres. Je suis allé chercher une définition plus précise sur un site monothéiste pour être sure de leur point de vue

Consiste à diviniser ce qui n’est pas Dieu (Mt 6, 24). Sa source est dans le refus de l’homme de reconnaître la souveraineté de Dieu créateur, seul vrai Dieu. Dans l’Ancien Testament ce mot désignait le culte rendu à d’autres dieux que le Dieu d’Israël.

Site Église Catholique de France, édité par la conférence des évêques de France – https://eglise.catholique.fr/glossaire/idolatrie/ – relevé le 2 janvier 2018

En faite l’adoration des idoles fait référence à la révérence faite aux faux dieux, notamment l’adoration excessive de leurs représentations sacralisées. Sauf que ce point de vue n’est valable que si on admet qu’il n’y est qu’un seul dieu (monothéisme), que tout ce qui existe ne soit pas dieu (transcendance) et que la représentation d’une divinité soit considéré comme sacré. Trois points, qui se discutent.

Immanence et transcendance

Pour ma part l’idée d’un divin qui soit seulement unique ou seulement multiples, ne se pose pas pour moi. Ce qui est divin est unique en son principe et multiples en ses manifestations. Ensuite, nous touchons au débat sur l’immanence ou la transcendance du divin. Qui pour ma part ne peut pas faire débat, le divin étant le tout qui est en tout, l’origine et la fin, il est à la fois immanent (contenu dans la nature de tout ce qui est) et transcendant ( qui est supérieur, dépasse les limites de ce qui est, du monde, et lui est supérieur). Il est à l’extérieur de soi comme en soi.

L’objet et le dieu, le profane et le sacré

Enfin, je ne considère pas mes représentations du divin comme sacré. Si une statue se brise, c’est une statue qui se brise, pas une divinité ou un sacrilège. C’est de la matière, qui a été support de l’idée que je me fais d’une facette du divin et un point de focal pour ma dévotion. Elle porte une part de la divinité, puisqu’elle fait partie du monde crée, mais n’est pas le réceptacle de toute la divinité. La briser ne brise pas le dieu, ni ne lui porte offense. La statue, le dessin ou la peinture de la divinité permet de se faire une idée de « ce qui est divin » sous une forme à ma portée et créer une relation qui puisse passer par le matériel, le geste, l’offrande, la prière. Car nous sommes des êtres matériels et nous concrétisons notre foi, par du tangible, une façon d’être. Comme nous rendons concrètes nos qualités, nos défauts et ce que nous sommes par nos actions et les expériences que nous vivons. La statue ou l’image, c’est aussi la forme sous laquelle peut nous apparaitre en rêve ou en vision, « ce qui est divin ». C’est notre façon de le/la percevoir ou est-ce la façon dont il/elle se rend perceptible ? Hum… je dirais les deux.


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