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Isara : un hydronyme

Isara est un hydronyme pré-celtique ou indo-européen, attesté pour de nombreux cours d’eau d’Europe. Isara vient de Isar, lui-même issu du proto-indo-européen *ish₂ros. Isara est souvent traduit par rapide, impétueuse et vive . *ish₂ros est lui-même issu du proto-européen *eis. Ce dernier a engendré entre autre le mot grec hiero (sacré), iron (le fer) en anglais et en sanskrit iṣirá. En sanskrit, iSira a plusieurs sens soit frais, rafraîchissant, florissant et vigoureux, rapide, puissant.

Noms de communes , de lieux ou de rivières basés sur la racine Isar en France et
aussi en Europe :
France
– L’Issoire, affluent de la Boulogne (85 – Vendée)
– L’Isone, autre affluent de la Boulogne (85 – Vendée)
– L’Isereau, affluent de l’Issoire (85 – Vendée)
– L’Isère, affluent de la Grande Maine (85 – Vendée)
– L’Isac (anciennement Isara), rivière (44 – Loire Atlantique)
– L’Iseron, rivière (44 – Loire Atlantique)
– L’Issoire, rivière (16 – Charente et 87 – Haute-Vienne)
– Issoire, commune du Puy de Dôme
– Izeron, commune du département de l’Isère
– Yzeron, commune du Rhône
– Yzeron, affluent du Rhône
– L’Isère, rivière du département de l’Isère
– L’Oise, ancien nom Isara, affluent de la Seine,
– Vallon de l’Iseran dans le Val d’Isère, Haute-Tarentaise, Savoie

Europe
– Eséra, rivière aragonaise, Espagne
– Lizerne, affluent du Rhône (Ardon, district de Conthey, Valais), Suisse
– Liseraz, ruisseau (District de Cossonay, Vaud), Suisse
– Isarco, cours d’eau du Nord de l’Italie
– Isar, rivière en Bavière, affluent du Danube
– Isel, rivière en Autriche
– Ijssel, rivière aux Pays-Bas
– Jizera, rivière en République Tchèque
– Ijzer, rivière en Belgique
– (Éisra et Istras, rivières en Lituanie… à vérifier)

© Sterenn – 2016

La Boulogne ou Védonia, n’est pas un gué sur la rivière…

+ Delamarre (2001), p 268 donne le gaulois Uidu, bois, présent dans les hydronymes Uiduvia, la Vouge (Côte d’Or), Uidula, la Vesles (Marne), *Uidunna, la Veaune ou Vonne (Vienne), qui serait donc l’homonyme de Vedonia/Bidonia, donc à traduire « rivière du bois ». Métonymie (synonyme) *uobero, « rivière cachée par un bois » (Delamarre). Il arrive que l’association rivière-bois (eau-ciel) présente un sens religieux, d’autant qu’elle  prend naissance dans une zones dites de « bois humiodes » et qu’elle traverses les Lucs-sur-Boulogne (lucus = bois sacré).

Pour ma part je rejette l’hypothèse de Michel Kervarec d’une  composition du mot gaulois onna (rivière) devenu onia et de ved (gué). Pourquoi ? Un gué est un passage, un point précis sur une rivière, ce serait logique d’appelé  un lieu-dit ou une commune de gué sur la rivière (je pense à la commune de Boulogne par exemple), mais une rivière entière qui de plus se jette dans le lac de Grand Lieu…  c’est incohérent par rapport à la géographie et au sens du mot. Contrairement à l’hypothèse émise via Delamarre qui est plus cohérente avec d’autres éléments de la toponymie locale et la géographique, les caractéristiques de cette rivière. Les mots se déforment peut-être avec le temps et l’origine de leur naissance aussi, mais appelé toute une rivière « gué » alors que c’est un point précis de passage sur un cours d’eau… hum… ça semble pas très cohérent.

Quand en l’ancienne hypothèse de borb (bouillonnant) + onna (source, petite rivière). Elle a été complétement abandonnée depuis longtemps, si vous la voyez encore passer dans un texte, signalez à son auteur que c’est obsolète.

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