Isara et la montée de sève

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Nous entrons dans la période de la montée de sève, qui va de fin janvier à mi-mars. C’est au cours de cette période par exemple, que s’opère la récolte de sève de bouleau. C’est aussi à cette période, qu’est célébrée Isara dans ma pratique. Car c’est à ce moment, qu’il est possible de ressentir les caractéristiques de cette énergie divine autour de soi et dans la nature. Isara est un des noms de « ce qui est divin » et d’après mon expérience plus précisément de la divine. Je vous invite pour cela à consulter la page « Isara, un hydronyme »

Isara, sève, eau et fluide vitale

Isara est un hydronyme pré-celtique ou indo-européen, souvent traduit par rapide, impétueuse et vive. Ce dernier a engendré entre autre le mot grec hiero (sacré), iron (le fer) en anglais et en sanskrit iṣirá. En sanskrit, iSira a plusieurs sens soit frais, rafraîchissant, florissant et vigoureux, rapide, puissant. C’est la racine étymologique par exemple de cours d’eau français et européen comme : l’Issoire, l’Isère, l’Oise, l’Iseron, l’Yzeron, l’Isac, l’iseraz, l’Isarco, l’Eséra, Jizera , Isel, Izar, etc. Et c’est ce qui caractérise les eaux fluviales, mais aussi le fluide vitale qu’est la sève, à cette époque de l’année. Gonflés par la fonte des neiges et les pluies de l’hiver, les ruisseaux et les rivières sont gorgés d’eau. Si dans votre région, leurs tracés naturels ont été conservés, ainsi que les roches qui les bordent… vous entendrez le chant de cette eau, qui galope, rebondit entre les roches, chante entre les pierres et s’écoule vive, rapide vers la mer, en traversant les terres. Vous en avez un aperçu en image dans la vidéo ci-dessous consacrée aux célébrations de l’Isaralia, une fête contemporaine pendant laquelle j’honore Isara et la montée d’énergie vitale, qu’elle incarne.

L’Isaralia, célébrations printanières

Les celtes, et les indo-européens avant eux, célébraient la nature et ses changements, comme des manifestations de la puissance divine. Ainsi, ils honoraient notamment les cours d’eau, souvent comme des déesses. Il y a aussi des dieux. Pensez à Sequana pour la Seine, Damona (ou Bormona), Souconna (la Saône), Icauni (l’Yonne), Bo Uinda ou Boann (la Boyne en Irlande) ou encore Sionna (Shannon en Irlande). Dans ma pratique contemporaine, j’ai créé une fête au moment de l’année où je ressens plus intensément ce qu’elle représente. Et je l’ai appelé l’Isaralia. L’Isaralia est une fête contemporaine célébrée 29 jours avant l’équinoxe de printemps. Cette année, ce sera du 19 février au 20 mars 2019. Mais, on peut parfois ressentir son énergie un peu avant, fin janvier. Cela correspond aussi à la montée de sève dans les végétaux, notamment les arbres. C’est une expérience vécue très liée à la région où je suis née. C’est une perception des rythmes naturels, des changements saisonniers, que j’ai appris, simplement au contact de la nature qui m’entourait. Tout cela au cours de mes balades, lorsque j’étais enfant, chaussée de bottes en caoutchouc et de mon K-way dans la nature. J’observais la rivière, dont le nom vient de la racine Isara, les parcelles en friches aux terres humides, les haies bocagères et les bosquets. Cette connaissance vient de l’expérience concrète, non des livres. Je savais que le printemps arrivait quand je voyais la jonquille sauvage (Narcissus pseudonarcissus) fleurir dans le terrain en friche près de chez moi. Un ancien verger que la nature avait reconquis. Chaque printemps, elle fleurissait au pied d’un vieux pommier courbé. Il y avait aussi près de la rivière des fritillaires meleagris. Enfin vers mars, c’est l’époque où l’on peut commencer aussi à observer la gallinule ou poule d’eau, si craintive, qui se cache dans la végétation dense des mares et des cours d’eau.

Les symboles d’Isara

C’est en observant la nature et via mes expériences personnelles (rêves, rencontres réelles, sensations au contact de la nature…), particulièrement en lien avec l’eau, la sève et le retour de la vie au printemps, que j’ai pu déterminer les animaux ou les symboles associés à Isara. C’est à dire :

  • la jonquille sauvage (Narcissus pseudonarcissus)
  • la fritillaire meleagris,
  • la primevère,
  • la gallinule ou poule d’eau,
  • l’hirondelle,
  • la grenouille,
  • l’ablette, poisson aux reflets d’argent, car cette teinte (blanc, argent) était souvent associé à l’eau, ses reflets et utilisés comme nom pour qualifier des déesses celtiques liées à des cours d’eau,
  • la biche et en particulier la mythique biche blanche,
  • l’Isard, un caprin sauvage des Pyrénées,
  • le dessin de 3 vagues ou les cercles concentriques pour évoquer l’élément liquide,
  • la rouelle ou la roue de l’année
  • l’étoile du matin (Vénus) ou l’aurore celtique, l’aube, le cercle rayonnant (figuration de la notion d’astre) ou l’étoile dans un cercle,
  • le torque,
  • les statuettes de vénus à gaine du style Rextugenos, celle conservée à l’Historial de Vendée (venant du Puy du Bernard) et une autre vêtue avec des symboles au dos conservée au Musée Dobrée à Nantes.

Vue en coupe de végétaux

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