Eco-paganisme, tiny house, handicap et habitat…

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Curieuse des innovations proposées par les citoyens, en France ou ailleurs, pour faire changer la société, je vois régulièrement passer des articles sur le concept de tiny house. J’ai pas encore trouvé de terme français équivalent à part «petite maison». Amis québécois, avez-vous une expression pour ce type d’habitat ? Si, oui, je veux bien la connaître. Je trouvais le concept sympathique, car économique, faisant appel au recyclage ou à l’auto-construction à base de matériau souvent écologique. Et puis, étant malade et limitée dans ma mobilité depuis quelques semaines, il y a un détail qui m’a alors frappé.

La tiny house et sa chambre en mezzanine

Dans ma situation, vivre dans une tiny house serait difficile, voire pas possible et aussi pour beaucoup de personnes handicapées ou malades. En effet, sur beaucoup de modèles j’ai vu la chambre en mezzanine au dessus du coin repas/cuisine accessible par une échelle ou un tout petit escalier bois à la pente bien raide. Imaginez-vous aller vous coucher avec une cheville, un poignet ou une jambe cassée, un lumbago, une sciatique, etc. Vous voyez le problème ? En fouillant sur le net, j’ai trouvé des sites anglophones de constructeurs avec les mots clés du handicap et tiny house. Donc, certains se sont posés la question. Côté francophone… quasiment rien (ou alors j’ai mal cherché), à part une proposition de rampe pour fauteuil roulant pour accéder au rez-de-chaussée, mais et le coin chambre en hauteur ? En fait, la conception des tiny house souffre du même défaut que la construction classique ou que l’urbanisme depuis des décennies. L’habitat est pensé en prenant comme modèle type de d’habitant, un homme jeune et en bonne santé. Les problèmes liés à la santé, aux handicaps, à l’âge (bébé, enfant, personne âgée) ou à des situations particulières mais faisant partie du court de la vie comme grossesse et maternité, sont négligées.

La vision païenne sacre tous les âges de la vie

Il me semble que nos traditions via la roue de l’année et ses cycles, le respect aux ancêtres, nous enseignent que la vie, ce n’est pas croire que nous serons jeunes, beaux et en bonne santé éternellement. J’ose espérer que la sagesse de la terre et de nos prédécesseurs, nous a amené amis lecteurs à intégrer cette réalité. J’ose espérer que l’habitat inspiré par une spiritualité paienne sera aussi respectueux de la nature et que de la diversité de la condition humaine. Ceci signifie aussi être critique des architectures anciennes, s’en inspirer, mais aussi les adapter pour ne pas exclure les paiens à mobilité réduite, malades, de la communauté et de ses activités. Laissé un participant en fauteuil roulant dehors, parce qu’aucune rampe n’a été prévue sur la reconstitution d’un joli temple accessible par un escalier, ce serait dommage…

Penser autrement le vivre ensemble

Il me semblerait plus logique, que les normes de construction soient basées sur un profil d’habitant à handicap. Car une personne en bonne santé peut se servir d’un espace adapté pour des personnes à mobilité réduite, mais pas l’inverse. Ce sont les personnes jeunes et en bonne santé, qui ont le plus de possibilité de s’adapter à leur environnement. C’est un peu comme la domotique, pouvoir faire fonctionner par télécommandes et automatismes sa maison devrait rendre de grands services aux personnes à mobilité réduite. Hors, est-ce cette population qui a le meilleur accès à cette technologie ? Pas forcément car les installations ont un coût, difficile à supporter pour ces foyers souvent à faibles revenus. Par contre, vous verrez des habitats haut de gamme de gens en parfaite santé truffés de ces équipements, qui leur sont finalement bien accessoires. Là encore, j’ose espérer que la sagesse païenne nous amène à rendre accessible aux populations, qui en ont le plus besoin, les technologies qui leur correspondent.

Nota bene : y’a surement moyen de faire une tiny house avec couchage au rez-de-chaussée rabattable ou encastrable.

2 commentaires pour “Eco-paganisme, tiny house, handicap et habitat…”

  1. Bonjour,

    je suis touchée par votre témoignage car je suis en plein aménagement d’une tiny house dans laquelle je vais vivre. La question du couchage a été un petit casse tête dans la réalisation des plans car il était également impératif que le lit ne soit pas en mezzanine. je suis atteinte d’une maladie auto-immune qui, certes ne m’ôte pas ma mobilité, mais qui nécessite des soins quotidiens. Après de nombreuses recherches sur internet, j’ai constaté la même chose que vous : les lits sont toujours en mezzanine. Mes recherches se sont alors orientées vers la conception de très petits appartements. Personnellement je trouve inesthétique les lits-meubles qui se replient et surtout, cela enlève pas mal d’espace de rangement. j’ai donc opté pour un lit monté sur roulette sous une estrade. Sur l’estrade, j’ai installé une grande cuisine confortable. Je ne vous cache pas que la planification fût un peu casse-tête.
    Prenez votre temps, il existe certainement des solutions, restreintes je vous l’accorde pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant. Peut être est ce à vous de conceptualiser un nouveau genre de tiny house accessibles à tous ? 😉

  2. Bonjour, merci mon soucis de santé est quasiment réglé, je ne suis plus clouée au lit à cause de ma hernie discale, même si je dois faire attention à mon dos. Mais effectivement ça m’a fait réfléchir au sujet. Et je n’ai pas l’impression que les constructeurs y pensent. Pour l’instant je ne suis pas dans une logique construction de Tiny House venant juste d’emménager dans une maison « classique » l’année dernière, mais c’est à réfléchir ou à faire réfléchir au plus grand nombre. Car même les espaces urbains ont parfois de gros défauts de conception pour les handicapés, les personnes âgés, les enfants, les femmes enceintes, etc. Alors u’à bien y réfléchir, être en bonne santé toute sa vie ne concerne personne, c’est tombé malade un jour, sur une plus ou moins longue période, qui concernent tous le monde. Mais on espère tellement atteindre l’idéel de jeunesse et santé perpétuel, qu’on oublie ou nie que l’on vit l’inverse, que la réalité c’est l’inverse.

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