Dieu s’en moque ou mes points de vue communs avec une monothéiste

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J’ai emprunté en partie le titre de ce billet au livre que je viens de finir de lire, il y a quelques jours. Il s’agit de « Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel. C’est le livre d’une monothéiste. J’utilise l’étiquette monothéiste, car elle parle de dieu ou du divin comme une présence unique. Si elle admet que chacun peut lui donner le nom qu’il veut dans un passage de son livre, elle n’aborde pas la pluralité de manifestations comme l’envisage le (néo)paganisme. Même si son parcours a été fait majoritairement dans le catholicisme, je trouve qu’aujourd’hui dans son témoignage, elle est s’exprime comme une personne simplement spirituelle. Elle  a une relation personnelle au divin en dehors de toutes étiquettes, de tous dogmes ou de toutes institutions religieuses. Oui, une néo-païenne ou polythéiste comme moi peut lire, trouver du plaisir à lire et même partager quelques points de vue avec une monothéiste. Il y a quelques semaines, j’ai regardé à nouveau les vidéos de la série « Papa, Maman, je suis païen(ne)! » (2013) sur la chaîne Païens tout simplement de Dailymotion. Et je ne sais plus dans au cours de quelle vidéo, l’une des personnes interrogées a témoigné à propos de ses rapports avec les autres religions. Elle reconnaissait que depuis qu’il/elle s’était reconnu(e) païen/païenne ses relations avec les autres religions étaient apaisées et qu’il/elle comprenait même mieux la foi/ferveur/dévotion de certaines personnes. C’est aussi mon cas. Le jour où j’ai admis la forme de ma spiritualité, j’ai commencé à mieux comprendre la foi de certaines personnes monothéistes (pas toutes) et comment une pratique spirituelle pouvait être épanouissante ou la joie apportée par la dévotion envers le divin.

Si j’en reviens à l’ouvrage « Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel, je partage plusieurs points de vue issues de mes expériences avec l’auteur, même si nos parcours sont bien différents. Par exemple, elle a été pendant 6 ans religieuse dans un couvent avant d’en claquer brutalement la porte à l’âge de 28 ans pour démarrer une nouvelle vie. Pas moi.

Une vie spirituelle excitante

Tout d’abord, je partage avec elle l’idée qu’une vie spirituelle, peut-être quelque chose d’excitant. C’est à dire le contraire d’austère et sérieux. D’ailleurs cela  me fait penser au dieu égyptien Bès, seul figure divine de cette culture, qui a demeuré dans mon sillage depuis que j’ai pris mes distances avec cette tradition. La vie spirituelle admet l’humour, le sens de la dérision, la joie et la légèreté. Bès incarne les pratiques spirituelles, qui utilisent l’humour, le grotesque, la sensualité, le rire et même les grivoiseries. C’est l’art de ne pas se prendre trop au sérieux pour mieux croquer la vie à pleine dents et au présent.

Attendre des réponses des autres, être dépendant de l’avis d’autrui

Je suis tombée au début de mon parcours dans le même piège qu’elle, c’est à dire que je cherchais des réponses dans l’expérience des autres oubliant d’écouter la mienne ou cherchant le livre, l’auteur qui saurait me faire la révélation attendue. Mais, c’est après tout une erreur de beaucoup d’entre nous lorsque nous débutons. Elle dit, je cite :

 « Longtemps, j’ai été de ces personnes espérant mettre la main sur le bouquin ou sur un être humain exceptionnel capable de résoudre l’énigme Dieu. Je me revois en train de gober tout ce que j’entendais ou je lisais, sans aucun sens critique. Dès qu’une lecture, un motivateur ou un leader spirituel me faisait me sentir bien, je devenais convaincue d’avoir enfin trouvé la vérité. »

Extrait du mot de l’auteure

S’autoriser à définir le divin et la spiritualité

Dans la même veine, elle s’autorise comme je l’ai fait moi-même à questionner et à verbaliser sa propre définition de dieu et de la spiritualité avec ses mots et en fonction de son vécu. Pour autant elle admet conjointement que le divin est si vaste, qu’il est difficile de le cerner avec une définition et que chacun le nomme aussi avec le terme qui convient le mieux à la perception qu’il en a.

« Dieu ne peut se réduire à un lexique ou à une terminologie. Ce serait comme essayer de contenir le vent dans une boîte. »

« Je définis la spiritualité comme étant le très vaste mouvement dans lequel s’inscrit la vie de l’âme. »

Extrait du chapitre 2, Dieu une marque sans nom

 Les croyances une affaire de tête, la foi une affaire de cœur

Voilà encore un reste de mon parcours avec les égyptiens, pour moi le cœur est très important dans la spiritualité, s’en est même le centre. Point de vue d’ailleurs qui n’appartient pas qu’à cette tradition. Marie-Josée parle aussi du cœur dans la distinction qu’elle fait entre croyances et foi. La foi vient du cœur, du déclic d’une expérience personnelle, elle engage l’être profond. Les croyances sont bâties sur des certitudes, des concepts et des préceptes bâtis autour du divin à l’aide de la réflexion intellectuelle. Les croyances conduisent souvent en se rigidifiant aux dogmes coercitifs, définissant ce qui est correct ou pas.

« Plus j’avance et plus mon âme s’écrie : « A bas les croyances ! » Je ne peux plus m’empêcher de questionner leur validité. Avant elles étaient la sécurité. Je les prêchais, je les exposais et les défendais avec conviction. Je pouvais en parler pendant de heures ! Maintenant je les observe et j’évalue leurs retombées dans mon quotidien. Est-ce qu’elles me poussent à aimer l’autre ou à le juger ? Est-ce qu’elles provoquent de la souplesse ou de la rigidité en moi. Est-ce qu’elle me donnent de ailes ou sont-elles un boulet ? Surtout, je sais qu’elles ne sont que de passage. Il se pourrait bien qu’un jour, je n’en ai plus besoin. »

Extrait du chapitre 3, A bas les croyances

Elle voit comme moi le recours aux croyances utiles pendant un temps pour progresser au début, un peu comme une béquille ou une canne quand on ne peut pas marcher seulement par ses propres moyens. Mais sur le long terme, elles sont handicapantes et abandonnées au fur et à mesure qu’on prend confiance en ce que nous enseignent nos expériences personnelles de relation au divin. Les croyances rassurent en apportant une réponse toute faite à nos peurs et à nos incertitudes. Puis, on apprend à vivre avec l’incertitude et le mystère autour du divin, à ne pas avoir réponse à tout, à dire « je ne sais pas ».

« Une spiritualité VIVANTE consiste à accueillir la révélation, sans pour autant en faire quelque chose de définitif, d’absolu. »

Extrait du chapitre 4,  Expériences demandées

L’importance de l’expérience et du vivre au présent

Je partage aussi avec l’auteur l’idée que l’expérience quotidienne qu’offre la vie est très importante, plus que la parole d’un prophète, d’un auteur ancien ou d’un livra sacré ou pas d’ailleurs. Comme moi, et vous l’avez peut-être déjà lu ans mes billets précédents, elle appelle à vive au présent. Car c’est en lui qu’est la vie ou l’existence, le passé et l’avenir ne sont que des projections dans notre esprit, des films..

« S’accrocher au passé revient à croiser les bras face à l’infini, qui ne souhaite que se déverser. Du moment que j’ai compris que le passé n’existait plus, je créé de l’espace en moi pour du neuf. »

Extrait du chapitre 15 : Faire son temps

 L’homme instrumentalise la religion

A propos de la religion, nous partageons l’idée que les religions sont ce que les hommes veulent bien en faire. C’est à dire autant des moyens de s’élever que de détruire ou manipuler. Je partage bien d’autres points de vue avec elle, mais il serait  fastidieux de tout énumérer ici. Et je ne veux pas révéler trop du contenu de son livre dans cet article. Je laisse le plaisir de la découverte à ceux qui voudraient le lire. Je terminerais sur ce passage.

« Une vie spirituelle enrichissante laisse une grande place à l’autonomie. Prendre soin de notre relation personnelle avec Dieu et veiller à son évolution. Renoncer à l’approbation des autres. Trouver nos propres réponses. Assumer notre perception du divin. Ne jamais laisser un individu, un groupe, une croyance, une doctrine s’interposer entre nous et notre conscience. Il faut maintenir un équilibre entre la pratique individuelle et la démarche collective. Une spiritualité communautaire vécue au détriment de la relation intime à Dieu nous déconnecte de notre essence. A l’inverse une vie spirituelle en solitaire peut provoquer une forme de nombrilisme où le je-me-moi prend trop d’espace. Chercher le divin peut se faire partout et de bien des façons… »

Extrait du chapitre 8 : Où est Charlie ? – Dieu s’en moque » de Marie-Josée Arel.

(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant d’avril 2016)

2 commentaires pour “Dieu s’en moque ou mes points de vue communs avec une monothéiste”

  1. Je me souviens que tu en avais parlé sur ton autre blog, en effet et je suis heureuse que tu republies ce billet ici parce que cette fois-ci, à la suite de discussions avec mon cadet notamment, il résonne de ce côté-ci de l’écran et me donne très envie de lire le livre en question.
    Je suis particulièrement touchée par cette phrase « Je définis la spiritualité comme étant le très vaste mouvement dans lequel s’inscrit la vie de l’âme », suis très sensible au mouvement et à la pulsation en ce moment 🙂

    Et hop, un de plus sur ma pile à lire en 2017 🙂 !

    (je me permets juste de signaler cette coquille : « Est-ce qu’elles me poussent à amer l’autre ou à le juger ? »… il manque un « i » entre le « a » et le « mer » :))

  2. Merci, j’avais pas vu la coquille en le relisant.

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