Ces automatismes qui influent notre perception du monde

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(Article tiré de mon ancien blog Sterenn Tharz-an-Deiz et re-publié ici car toujours d’actualité, datant de mai 2016)

Notre vision du monde est influencée et influençable. Même pour les plus cartésiens d’entre nous.

Ces influences sont multiples. Emotions, sentiments, perceptions issues de notre corps, éducation familiale, etc. Nous voyons le monde à travers des sortes de filtres. Au cours du travail sur soi qu’implique un cheminement spirituel, j’ai du en prendre conscience. Au travers d’échanges avec d’autres pratiquants païens ou non, j’ai découvert que cette révalation que d’autres avaient vécu, était une sorte d’étape utile pour avancer. Cela s’accorde aussi avec le peu que j’ai pu extraire ou comprendre de la thématique du mot Ouab dans l’Egypte ancienne, qui désigne la pureté (une qualité et un titre sacerdotal aussi). Ici, je prend le mot pureté ou Ouab dans son sens non d’un idéal de perfection à atteindre, mais d’authenticité. C’est à dire être non souillé par les influences extérieures, être fidèle à soi-même ou semblable à son état d’origine, essentiel. Dans le cas du sujet de cet article, je pense que prendre de la distance par rapport à des filtres, des influences ou des automatismes d’interprétation du monde, c’est aller vers une vision pure de ce qui « Est » (non filtrée ou influencée). Mais quels sont ces voiles, qui s’immiscent entre nous et la réalité ? Dans l’hindouisme, cela peut peut-être se rapprocher de la notion de Maya ? Si un hindouiste passe par là, merci d’éclairer ma lanterne à ce sujet.

Parce que le cerveau humain est bombardé en permanence d’informations venant de notre environnement via nos sens, il a adopté des automatismes pour fonctionner sans être débordé. Ces processuss fonctionnent, sans que nous nous en rendions compte le plus souvent. Ils nous aident aussi à économiser de l’énergie.

La généralisation

Le premier d’entre eux est la généralisation. Ce processus permet d’appliquer un apprentissage maîtrisé lié à une expérience passée, à toute situation qui s’y apparente quelque peu. Par exemple, vous avez appris à vous servir d’un aspirateur, vous n’aurez pas à réapprendre chaque fois que vous devrez en utiliser un ou à réfléchir à son fonctionnement. Spontanément, vous aller chercher le bouton « Power ». Dans votre cerveau, un aspirateur s’allume avec un bouton, pas besoin par exemple de pédaler, de tirer une ficelle ou que sais-je d’autre… Toutefois, si cet automatisme s’avère bien pratique dans de nombreuses situations, il peut nous jouer des tours quand il est appliqué à des personnes ou à des évènements. Prenons quelques exemples concrets…

Exemple 1 : Un jeune à casquette vous parle mal en banlieue. Par la suite vous vous méfiez de tous les jeunes à casquette de banlieue, car ce sont forcément des malotrus.
Exemple 2 : Vous avez rencontré un groupe de jeunes filles wiccanes, un peu « fluffy bunny », donc tous les jeunes wiccans le sont.
Exemple 3 : Le seul groupe de nordisants, que vous avez rencontré, était d’extrême droite et haineux. Depuis vous associez paganisme nordique à l’idée de brutes épaisses et xénophobes.
Etc.
C’est cet automatisme qui crée les préjugés ou les idées toutes faites. Il rend plus difficile l’innovation, l’ouverture d’esprit et explique en partie la résistance au changement. Hors, en tant que païens, si il y a bien une chose que nous apprend la vie, par exemple quand elle s’exprime au travers des cycles de la nature, c’est que tout est pérpétuel changement. Même si chaque année, les saisons reviennent, aucun hiver ne ressemble trait pour trait au précédent.

La distorsion

La distorsion est le fait d’amplifier ou de minimiser certains aspects de la réalité. Ce sont des processus créatifs, liés notre capacité d’imagination. Prenons l’exemple de l’enfant qui imagine un monstre derrière la porte du placard, parce qu’il a entendu un bruit dedans (un livre qui a glissé sur une étagère par exemple). Pensez aussi à la décoratrice d’intérieur, qui imagine votre futur séjour, alors que vous, vous ne voyez qu’une grande pièce vide aux murs blancs. Nous faisons aussi de la distorsion, quand nous exagérons les conséquences possibles d’un changement, ce qui peut conduire à un excès d’optimisme comme de pessimisme. Tout dépend de l’aspect amplifié. Soyons conscients de la facilité avec laquelle nous créeons parfois des scénarios catastrophiques à partir d’un détail du réel, alors qu’il ne s’est encore rien passé.

Exemple : Votre patron vous a fait une remarque sur la qualité de votre travail ces derniers mois et vous voilà à imaginer qu’il envisage votre licenciement.

La sélection

A cause de la quantité de stimuli et d’informations, que nous recevons de notre environnement (plus que ce que nous avons conscience), notre cerveau opère une sélection. Sans ce tri, nous ne saurions où donner de la tête. La sélection consiste à choisir dans l’expérience du réel que nous avons, un aspect quite à en ignorer d’autres. C’est ce qui est désigné par l’expression « focus de l’attention ». Si vous avez vécu ou observé un conflit entre individus, vous aurez peut-être remarqué que chaque protagoniste ne focalise pas son attention sur les mêmes élements de la situation conflictuelle. Chacune aura tendance à accorder son attention à ce qui va dans son sens, son opinion et pas forcément par mauvaise foi. La sélection se fait de façon à maintenir la perception du monde ou l’environnement auquel nous sommes habitués, qui nous convient. Là encore, cet automatisme illustre notre difficulé à aborder le changement ou ce qui remet en question nos croyances ou nos habitudes.

Une fois, que j’ai pris conscience de ces mécanismes, j’ai pu non pas les supprimer, mais apprendre (et apprendre encore, toujours) à ne pas en être esclave. C’est à dire les identifier en temps réel et prendre de la distance, si nécessaire. Je dis bien si nécessaire, car ces automatismes ne sont pas néfastes à 100%. Cette leçon s’insère dans mon cheminement spirituel, notamment dans le fait de vivre au présent et en pleine conscience. Elle aide à avoir une vision juste du monde qui nous entoure, pour agir aussi de façon juste.

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