Autonomie, créativité, authenticité et libre expression dans le domaine spirituel

Autonomie spirituelle : tu n’as rien à prouver et tu n’es pas là pour plaire à tout le monde !

Depuis quelques semaines, je ressens quelque chose de nouveau. Un sentiment de liberté ou plutôt de libération par rapport à mon orientation spirituelle, comme si j’avais passé un cap. En relisant les archives de mes anciens blogs, je me suis rendu compte à quel point le thème de l’autonomie et de la libre expression en matière de spiritualité me tiennent à cœur. Ces sujets reviennent de manière récurrente, au risque de me répéter d’ailleurs. Idem avec la question d’être sans étiquette ou tradition. Pour autant, le sentiment d’être libre, fière et confiante en la voie suivi n’est que récent. Avant j’alternais entre intuition d’être sur la bonne voie et doutes. En faite, c’est tout simple. Je crois que j’ai fais tombé dernièrement des barrières mentales, que j’avais sur ce que devrait être un « bon » cheminement. Je kiffe mon chemin atypique. Et le plus important, je n’ai plus rien à prouver à qui que ce soit et je me fous de ne pas plaire à tout le monde. Je suis et c’est tout. Libre du jugement des autres. Libérée des préjugés et de l’approbation d’autrui. Sans désir d’être conforme à un modèle ou un idéal de néo-païenne ou de personnalité étiquetée « spirituelle ». Je suis avec mes défauts et mes qualités. C’est aussi ce regain d’énergie et d’élan, qui est à l’origine d’un renouveau de ce blog (bon les vacances d’été ça aide aussi…).

Héron cendré, phœnix égyptien, Benou, photo pixabay
Héron cendré, phœnix égyptien, Benou

Les barrières qu’on se met soi-même

J’avais de façon inconsciente des barrières ou des croyances négatives dans mon esprit, sur ce que devais être ou pas un « bon » cheminement. J’avais l’impression d’être libre, mais je ne voyais pas en profondeur les chaînes, qui me retenaient de façon inconsciente. Car ces idées me semblaient « normales» ou aller de soi. Il s’agissait d’opinions communs, non remis en cause. Ces opinions, j’ai fini par identifier d’où ils venaient. En faite, cela remonte à mes débuts dans ce milieu. Je n’y connaissais rien. Le premier forum auquel je me suis inscrite, devait être celui de la L.A.P.F. Il y avait là pas mal de monde plus expérimentés et plus anciennement actifs dans ce domaine. Et parce que leurs idées et leurs expériences me semblaient sérieuses, fiables, rationnelles ou logiques. Bref, parce que je leur accordais plus de crédit, qu’à moi-même. J’ai écouté et intériorisé leurs idées. Au point, de ne plus arriver à distinguer ce qui venait d’eux ou de ma propre expérience. On en revient à ma citation fétiche de Arnaud Desjardins.

« Du moment que certaines paroles nous plaisent, nous les reprenons à notre compte comme si nous en avions l’expérience et notre pensée réelle, vivante, spontanée, est remplacée par la pensée de nos parents, la pensée de nos maîtres, la pensée de ceux que nous avons admirés dans notre adolescence, la pensée de ceux dont les livres nous ont influencés. »

Extrait de « Bienvenue sur la voie » – Arnaud Desjardins

On n’a pas forcément à être soumis à des pressions ou de la manipulation de la part d’un gourou, pour renoncer à son pouvoir. Nous le faisons parfois de nous-même par manque de confiance en soi. Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut pas écouter les personnes plus expérimentées dans un domaine. Il s’agit plutôt de faire la part des choses. Je pense qu’il nous arrive aussi de renoncer à notre pouvoir personnel, par désir d’être accepté et d’être reconnu de ses pairs. C’est un besoin fondamentale de l’être humain. Je vous renvoie pour cela aux travaux de Maslow et sa pyramide des besoins.

Le besoin de reconnaissance sociale

Le bébé dès sa naissance, par exemple, a besoin du respect et de la tendresse de ceux qui l’entourent. Ce besoin ne relève pas de l’égoïsme, de l’orgueil ou d’un manque de maturité. Le besoin de reconnaissance sociale ou du lien social est une composante à part entière de la personnalité, à satisfaire pour son développement. C’est une base sur laquelle on construit son estime de soi. Mais, cette base pour diverses raisons, peut être déficiente. En tant que personne proche de la communauté néo-païenne, donc différente dans mes choix spirituels de la majorité. Je ressens le besoin de partager mes idées et d’être liée aux personnes dans la même démarche. C’est à dire mes pairs. Mais, ce besoin naturel m’a conduit aussi à rechercher l’approbation de ceux-ci et donc à me soumettre à leurs jugements pour être acceptée. C’est une réaction inconsciente, une sorte de réflexe donc pas quelque chose de calculé. Je sais maintenant, que c’est en lien avec mon histoire personnelle et des expériences de rejet vécu enfant.

Le désir d’approbation

Aujourd’hui, je ne cherche plus cette approbation. Je ne plais pas à tout le monde et c’est tant mieux. Car comme le disait Sacha Guitry :

« Plaire a tout le monde, c’est plaire a n’importe qui ».

Sacha Guitry

Je sais et j’expérimente le fait que ma pratique atypique, qui ne ressemble pas à celles de mes proches comme de mes pairs païens, n’en ai pas moins valable et digne de respect. Si certains pensent, que ma démarche est moins authentique, moins légitime, moins sérieuse ou autre qualificatif, c’est n’est pas mon problème. Le malaise est chez eux. C’est leur responsabilité. Si cela touche une corde sensible, la raison est dans leurs histoires personnelles, dans leurs croyances et leurs peurs inconscientes. Si demain, je veux m’essayer à la Wicca, je le ferai. Si je veux faire le pèlerinage de St Jacques de Compostelle parce que l’expérience me semble quelque chose à vivre d’intéressant, pourquoi pas. Si j’ai envie de faire une retraite chez des bouddhistes aussi. Et si je veux tout abandonner, parce que je le sens pas, aussi. Et j’emmerde celui qui trouvera ça incohérent, parce que j’ai le profil d’une néo-païenne, que cela devrait impliquer que je fasses ceci ou cela et pas ça. C’est là qu’on se rend compte, qu’il y a aussi des conventions sociales et des idées reçues dans ce milieu. Elles ne sont pas formalisées en s’appuyant sur un livre sacré ou des lois, certes, mais elles sont tout de même présentes dans certains esprits.

Votre vie spirituelle n’est pas faite pour plaire !

Le jugement de l’autre ne me définit pas. Il n’est pas ma référence. J’accepte les conseils et d’écouter les enseignements des autres, mais sous conditions. C’est à dire que je les soumets à ma propre expérience et à mon sens critique avant de les valider pour mon propre usage. J’accepte aussi de me planter et de modifier mon évolution en conséquence. De mon point de vue, un bon enseignant spirituel ou (néo-païen) a pour idéal de rendre ses étudiants autonomes à l’issue de sa formation. Un peu comme les parents élèvent leurs enfants pour qu’ils quittent un jour le foyer et volent de leurs propres ailes. L’autonomie spirituelle est un objectif et une valeur importante, qui à mon avis permettrait de vacciner pas mal de monde contre les dérives sectaires. Mais cela ne reste que mon avis. Cher lecteur, chère lectrice, tu es libre de faire ce que tu veux de cet avis.


Pose tes questions ou laisse un commentaire.

(Les commentaires sont lus avant validation.)

Abonne-toi à l'infolettre !