Sors du placard à balais, affirme qui tu es !

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Je me poses des questions sur l’avenir de ce blog, car il est encore une forme de sépration ou de cloisenement de ce que je suis. Hors je suis en pleine réflexion après mes soucis de santé, mon ras-le-bol professionnel et une volonté de reconversion professionnelle. Je sais que je ne veux plus vivre une vie cloisonnée ou ne s’exprimerait certains aspects de ce que je suis, que dans certaines circonstances ou face à certaines personnes. Cela revient à s’amputer ou à jouer un rôle. Et je pense en particulier à ma spiritualité, domaine dans lequel j’ai mis du temps à faire mon coming out avec mes proches. Je craignais leurs réactions, le jugement. Et finalement, ça s’est bien passé. Et si ça doit gêner quelqu’un, le questionner, je commence à me dire que j’en rien à foutre. Le problème n’est pas chez moi, mais chez la personne. Car c’est elle qui réagit. C’est elle qui est touché. Je n’ai donc pas à culpabiliser, me sentir gênée ou cacher ce que je suis. Je lui laisse la responsabilité de sa réaction.

Le coming out spirituel

Je lis en ce moment « Coming out spirituel » de  Laurence Baranski. Cet auteur n’est ni gestionnaire d’une librairie ésotérique, ni une thérapeuthe new age, ni une sorcière, ni une militante écoféministe, ni du féminin sacré… bref elle n’entre pas dans les profils ou clichés de profils attendus des auteures néo-païennes. Clichés attendus des non-païens j’entends. Perso, je me contrefiche de ces étiquettes. Mais, c’est pour vous la situer un peu dans le paysage globale et de la façon dont elle pourrait être perçue des non-néo-païens.  Non, Laurence Baranski est conseillère en management et pilotage de la transformation, coach, auteure de plusieurs ouvrages sur le management. Elle côtoie des managers et des cadres de grandes entreprises. Et pourtant, elle a écrit cet ouvrage véritable playdoyer pour l’expression libre et décomplexée de nos spiritualités, face à une société occidentale, qui a nié l’invisible, le mystérieux, l’intuition, l’au-dela, les autres formes de consciences, la question du divin et placé sur un piédestal le rationnel et le cartésien. Elle évoque aussi un autre point le dialogue spiritualité et politique. Le sujet est sensible dans notre communauté à cause de l’extrême-droite et des idéologies identitaires. Mais, craindre de parler politique à cause finalement d’une minorité et d’un sujet qui ne concerne qu’un petit pan du champ de la politique est dommage. 

Spiritualité et politique

Comme je le rappellais dans mon dernier article, la spiritualité par essence touche toute la vie. L’esprit (racine de spiritualité, spiritus) est en tout, source de la vie, origine de la vie, moteur de la vie. Certains pensent que c’est le netjer ou divin égyptien en nous, d’autres traditions utiliserons d’autres notions, un autre vocabulaire… mais finalement nous parlons tous de cela. C’est à dire de ce qui fait que nous vivant et conscient, ce qui anime la création, la perpétue et lui donne ses formes, ses caractéristiques ou encore rythme les cycles de la vie et de la mort, etc. Et  la politique, de quoi parle-t-elle ? Des échanges entre les hommes. Des lois qui encadrent les sociétés. De la solidarité (ou aussi son absence) entre citoyens, de la façon dont nous devons traiter l’environnement, notre santé, gérer l’éducation de générations futures, etc. Il y a donc forcement des zones de contact, des ponts, des liens entre la spiritualité et la politique. Il ne s’agit pas de les rapprocher pour imposer un point de vue comme cela a pu se faire par le passé avec la religion, qui n’est pas synonyme de spiritualité. Pour moi la religion est une forme de spiritualité institutionnalisée, encadrée, avec une hierarchie, un systéme derrière et du personnel, des codes de conduites, et des jeux de pouvoir aussi… même chez ceux qu’on pense les plus passifistes. Je pense aux bouddhistes. Il y a eu aussi des querelles de monastères et de moines. Les religions monotheistes pouvaient difficilement faire bon ménage avec la politique à cause de leur volonté de convertir ou du prosélythisme présent dans leur doctrine. Comment vivre avec autrui si je pense qu’il est dans l’erreur ou dans une fausse religion ? Séparer état et religion était donc une nécessité, pour que cette volonté d’imposer sa croyance ne tente plus de s’inscrire dans la loi et aille à l’encontre de la liberté de conscience. Il ne s’agit donc pas pour moi de remettre cela en cause.

Conjuguer spiritualité et politique pour mieux vivre ensemble

Mais sorti du danger identitaire ou de celui du prosélytisme, la spiritualité et la politique ne sont pas incompatibles. La façon dont nous percevons le monde selon notre spiritualité, peut évidément influencer nos idées politiques ou nourrir nos réflexions. Je pense par exemple à la mort. Les lois encadrent les congés pour le deuil, mais aussi la façon d’inhumer ou de traiter le corps du défunt. Hors selon notre spiritualité, notre conception de la mort peut nous amener à par exemple vouloir un temps de deuil plus long pour les familles ou autoriser les sépultures plus proches de la nature ou écologiques, etc. Il est important que les voix des différentes spiritualités ou traditions puissent se faire entendre, afin que chacun, dans le respect des autres, puissent porter le respect dû à ses défunts selon ses conceptions. Et cela n’est possible que si ces spiritualités/traditions spirituelles peuvent porter leurs voix dans le domaine politique. L’enjeu n’est donc pas d’imposer son point de vue ou prendre du pouvoir, mais faire entendre son point de vue. Ceci afin que la société permette l’existence et la pratique de spiritualités plurielles dans le respect de chacun. Et cela ne signifie pas forcément non plus, créer un parti politique. Mais il s’agit plus de faire converger des volontés individuelles pour faire avancer l’intérêt collectif.

Liberté de conscience, autonomie spirituelle

Bref, c’était la grosse parenthèse politique. En fait, je voulais pas parler de ça au départ. J’ai un peu dérivé. Mais, ça reste lié à ce que je voulais témoigner. A mon échelle, cela signifie que ma reconversion professionnelle ou même mes projets, pour être cohérente vont inclure ma part païenne. Et que je ne souhaite plus cloisonner, séparer ça ou le cacher. J’ai un désir d’unité et de cohérence globale. Parce que finalement vivre en mettant une part de soi à part, c’est avancer de façon bancale. Ce qui ne signifie pas non plus l’imposer avec violence ou virulence à l’autre, être en mode « rebelle ». Du coup, j’en suis venue à me demander comment inclure ce bagage dans ma reconversion professionnelle, comment utiliser cette expérience (toujours sans imposer mes croyances) ? Comment aider chacun à vivre avec plus de liberté et d’autonomie sa propre spiritualité sans craindre le regard des autres et les jugements ? Cela a toujours été important pour moi l’autonomie. Même au sein de l’EMD, je ne crains pas qu’un/une de mes élèves quittent la formation en cours de route, car le plus important n’est pas de recruter. Ce qui compte vraiment, c’est de permettre à chacun(e) de se réaliser ou de trouver sa voie. Donc pour certains partir et continuer ailleur est parfois la meilleure réponse. On avance seulement en faisant des expériences et parfois en parcourant une voie pour se rendre compte que ce n’était pas la bonne. Aller jusqu’au bout parfois, ça veut dire suivre son intution vers une voie et savoir faire marche arrière, quand on a compris la leçon qu’on avait à tirer de cette expérience. Les expériences sont multiples dans ce domaine. Bref, je suis en pleine réflexion et je me demande si certaines de mes réflexions spirituelles ne vont pas migrer un jour sur le blog de ma future activité professionnelle…. alors que deviendra Seren Eirian ? Je ne sais pas encore. Je me donne le temps d’y réfléchir.

 

 

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