Sagesse égyptienne : Le roman Her Bak, tome 1 « Pois Chiche »

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Après avoir brièvement présenté le roman en deux tomes Her Bak, je souhaite revenir plus en détail sur leurs contenus. Aujourd’hui je vais présenter globalement le tome 1, qui se nomme « Pois Chiche ».

Le contexte du roman Her Bak

Ce roman se passe en Égypte ancienne à Thèbes, la région du temple de Karnak et du dieu Amon, vers la XXème dynastie (celle des Ramsès). Le héros se nomme Her Bak. Son nom a deux traductions possibles selon l’auteur Isha Schwaller de Lubicz à cause d’un jeu de mots de l’ancien égyptien. Il peut se lire « Pois Chiche » ou « Face de faucon ». Ce détail a son importance. Car les deux aspects de son nom sont utilisés dans les deux tomes du roman, pour signifier son évolution de Pois Chiche l’enfant (graine en devenir) à Her Bak le disciple admis au temple pour être initié. Le nom en Égypte ancienne participe à l’être de la personne, il est porteur de son essence et de sa magie. Un ancien égyptien peut d’ailleurs avoir plusieurs noms au cours de sa vie, en plus de son nom de naissance ou « nom de sa mère », reçus en fonction de son évolution. Her Bak est le fils du cultivateur Sita et de son épouse Hemit, des cultivateurs installés sur le domaine de Menkh, chef des techniciens. Il a pour frère aîné Beau-Parleur et pour sœur Mout-Sherit. Lorsque débute le roman, sa famille vient juste de s’installer sur ce domaine. La veille, Her Bak a reçu son daïou. C’est un vêtement, une sorte de ceinture nouée qui sert de cache-sexe. Ce vêtement signifie aussi aux yeux de la société, qu’il n’est plus un petit enfant. Car ceux-ci se promènent nus.

Le tome 1 est divisé en 3 parties :

– 1ère partie : Pois Chiche,

– 2ème partie : L’apprenti,

– 3ème partie : Her Bak, le péristyle du temple.

S’ajoute à cela en fin d’ouvrage un appendice documentaire sur l’Égypte ancienne qui présente le pays, son histoire, sa civilisation, les formes de son enseignement et la religion égyptienne. Il y a aussi des planches de dessins des hiéroglyphes et des neter ou dieux. Aujourd’hui, le mot dieu est plutôt translittéré par netjer au singulier et netjerou au pluriel. Mais sachez que l’auteur utilise neter, la transcription de son époque.

Partie 1 : Pois Chiche et l’observation de la nature

Dans la première partie, « Pois Chiche » rencontre le Sage du temple, qui distingue le potentiel du jeune garçon dès leur première rencontre. C’est le fameux premier jour. Il est alors l’ami du sage, avant d’être plus tard son disciple. Dans les chapitres de cette partie, suivant le conseil du Sage, Pois Chiche va apprendre en observant la nature et en essayant d’écouter son cœur. Il rencontre ensuite Mesdjet, un harpiste aveugle au service de Menkh et plein de sagesse. Au cours de plusieurs chapitres, l’auteur présente les scribes comme des fonctionnaires dont la population envie le statut et les connaissances. Pourtant, ils ne connaissent pas tout. Ils semblent notamment ignorants de l’enseignement de la nature, la connaissance dont le Sage du temple a montré un aperçu à « Pois Chiche ». Le héros est aussi confronté dans ses premières aventures aux défauts du genre humain comme la jalousie de son frère Beau-Parleur, le vol de terre commis par un voisin et les ruses de son fils pour que ne soit pas dévoilé la supercherie. Le lecteur découvre un « Pois Chiche » curieux, qui observe, mais pose aussi beaucoup de questions. Il veut comprendre. Il ne peut se contenter de réponses toutes faites, de dogmes ou d’absence de réponses. C’est un chercheur de vérité dès son plus jeune âge.

Extrait du chapitre un page 18, dialogue entre le Sage et Pois Chiche

« – Tu as dis « mon ami »… tu me gardes ?

– Non, petit homme, un autre maître t’attend pour éveiller ton cœur.

– Où m’attend-il ?

– Dans ton jardin, dans ton champs d’orge…

– Je ne l’ai jamais rencontré.

– Tu ne savais pas le chercher. Il aime les questions d’enfant ; demande au grain comment il s’ouvre, compte les pousses du palmier, apprend l’heure avec les oiseaux ; demande au vent du Nord d’où vient son souffle vivifiant, au vent du Sud d’où vient son feu.

– Qui répondra ?

– Celui dont tu portes le nom. »

Partie 2 : Pois Chiche, l’apprenti des artisans/techniciens

Dans la seconde partie, « Pois Chiche » va d’abord passé quelques mois comme apprenti scribe, grâce à l’intervention de Menkh, chef du domaine. Il est aussi son porteur de sandales. Cependant, cette distinction par un protecteur haut placé amène « Pois Chiche » à se croire plus important qu’il ne l’est, bref à s’égarer. Menkh s’en rend compte et pour le remettre sur le droit chemin, il l’envoie apprendre auprès des techniciens (les artisans du domaine). Il ira tour à tour dans l’atelier du potier, puis dans celui du perceur/sculpteur de vases, le fabricant de cannes, le menuisier et enfin le tisserand. Il prend d’abord cela pour une disgrâce, mais comprendra ensuite qu’il n’y a pas de sot métier. Il apprendra finalement plus auprès des artisans, que des scribes.

Extrait du chapitre 24, Le Menuisier, dialogue entre Nadjar et Her Bak

« Ta route est bonne, dit Nadjar, si tu comprends ceci : ce qu’on reçoit dépend de ce qu’on donne ; il y a ce qu’on donne au métier, il y a ce que le métier vous donne. Quant à l’ouvrier, il donne le travail de son bras, de son énergie, de son geste exact ou inexact ; le métier lui donne en échange la notion de résistance de la matière et de sa façon de réagir. Quant à l’artisan, il donne au métier son amour ; et le métier lui répond par un confondement de l’artisan avec son œuvre. Quant au technicien, il donne au métier sa recherche des lois de la nature qui le régissent ; et le métier lui enseigne la sagesse. »

Partie 3 : Her Bak, Pasab et l’enseignement du temple extérieur

Dans la troisième partie, « Pois Chiche » est admis à être instruis dans l’enceinte extérieure du temple ou le péristyle. Il est notamment placé par le Sage sous la surveillance du scribe et instructeur Pasab, dont le nom signifie chacal. Plusieurs autres scribes officient en ce lieu comme Remeny, Smôn, Renf-Ankh et Hesy. Mais de tous, c’est Pasab, qui est le plus sensible et disposé à guider le héros vers l’enseignement de sagesse, que lui laisse entrevoir le Sage. Cet enseignement secret est proposé dans l’enceinte du temple intérieur. Je vous propose ci-dessous plusieurs extraits de cette partie du tome 1.

Page 246 dialogue en Pasab et Her Bak

« – C’est en observant mon « symbole » que j’ai compris le premier pas ; le chacal est un dévoreur.

– C’est une bête cruelle !

– Il obéit à la loi de la Nature où la mort de l’un cause la vie de l’autre ; il dévore la chair devenue putride, il purifie les chemins. »

Page 246 – 247 dialogue en Pasab et Her Bak

 » – Ouâb *, c’est l’expansion de la nature individuelle libérée de tout apport étranger ; d’où le nom des prêtres-ouâb qui ont réalisé leur « nature » de telle sorte que chacun d’eux se trouve en harmonie parfaite avec la fonction qui lui est confiée en connaissance de cause, quelle que soit l’importance – grave ou infime – de cette fonction.

– Chaque prêtre-ouâb est donc une pefection ?

– Jamais ! L’œuvre humaine est toujours imparfaite; d’ailleurs, nul ne supprimera les tendances innées à sa nature particulière : il s’agit de changer leur force destructive en puissance de vie. »

* Ouâb signifie pur.

Page 258 – 259 Pasab réfléchit pendant la nuit,

« La dernière heure de la nuit lui donna conscience d’une double réalité. La première quant aux « secrets » : toute connaissance vient du dedans ; on n’est donc initié que par soi-même, mais le Maître donne les clés. La deuxième quant au chemin : le chercheur a besoin d’un Maître pour le guider et le redresser. Mais quel Maître peut forcer l’orgueilleux à préférer le « Réel » à l’apprence et à ses préjugés ? »

A la fin de la troisième partie, le héros sera admis dans le temple intérieur, ainsi que son instructeur Pasab. Ce dernier change de d’ailleurs de nom à cette occasion et devient Oupouat, qui signifie « ouvreur de chemin ». Car, il vient d’évoluer et de se réaliser. Son nom est donc modifié en conséquence. Avant d’être admis, Her Bak passe aussi une épreuve et est confronté au neter pendant une nuit. C’est son comportement à l’issue de cette épreuve, qui lui ouvre les portes du temple intérieur et son enseignement, dont il est question dans le second tome du roman.

Prochainement le tome 2, mais pas tout de suite…. parce qu’il est un peu plus ardu. 😉

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