La question de l’identité dans le (néo-)paganisme contemporain

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Il y a une question, un thème disons, qui me chiffonne depuis quelques temps. Je n’en ai pas fait le tour. Ni n’en suis spécialiste. C’est la question de la notion d’identité, mais pas dans le (néo)-paganisme identitaire comme on pourrait s’y attendre, mais en général. Pourquoi ? Parce que l’adhésion ou l’engagement dans une tradition ou une voie païenne est souvent associée à l’adoption de ses codes. J’entends par là par exemple le vêtement rituel, les symboles et les bijoux, les références culturelles (ancêtres, auteurs, livres, films…) les noms (personnes, mois, jour, fêtes, objets,…), la façon de se saluer, parfois aussi une langue ou les bribes d’une langue ancienne associée, des valeurs, des croyances, etc. Et tout cela constitue une identité culturelle, ici liée au spirituel.

Je vous propose un extrait d’article sur la notion d’identité culturelle :

Dans les sciences humaines et sociales, l’usage du terme « identité » désigne généralement, non pas la « nature profonde » d’un individu ou d’un collectif en soi, mais la relation entre les appartenances collectives (c’est-à-dire le fait pour un individu de pouvoir être identifié au moyen de catégories sociales) et des personnalités individuelles (la manière dont chacun s’identifie lui-même). Ainsi, les identités collectives (ensemble des catégories qui identifient un individu à un moment donné, dans un lieu donné) et les identités individuelles (sentiment d’être telle ou tel, dans sa singularité) sont inséparables, la question étant généralement de savoir comment tel ou tel comportement ou croyance peut se comprendre à partir des appartenances collectives et de la manière dont celles-ci sont vécues, intériorisées par telle ou telle personne.

Article sur L’Identité culturelle, livre de Geneviève Vinsonneau par Jean-François Hersent
Source : Bulletin des bibliothèques de France (BBF)

L’identité culturelle :
– permet de se définir par opposition ou comparaison à l’autre qui est différent, par exemple le païen polythéiste face au monothéiste,
– s’enracine dans une quête de soi, « qui suis-je ? », ce que je crois être et/ou ce que l’autre dit de moi,
– une quête de soi qui répond à un désir de vérité intérieure, de retour aux « origines » bref d’authenticité ou aussi le désir du retour à un age d’or, un paradis perdu, un idéal de civilisation,
– pose la question de son immuabilité et de sa pérennité, ainsi que de sa pureté ou de son métissage,
– crée des étiquettes et une catégorisation des individus, pouvant générer de l’exclusion,
– est en lien avec le « persona » de l’individu (cf.Jung), selon article Wikipédia : « la part de la personnalité qui organise le rapport de l’individu à la société, la façon dont chacun doit plus ou moins se couler dans un personnage socialement prédéfini afin de tenir son rôle social », du grec prosopon = masque,
– peut être liée à un espace et un temps donné, une époque,
– peut aussi poser la question de la légitimité (dans le sens de conforme aux règles, justifié, qui a les conditions, les qualités requises pour prétendre être…).

Pour l’instant, j’ai plus de questions en tête sur le sujet, que de réponses. Cet article est donc plutôt un brouillon, une feuille de notes, de liens aussi… des pistes jetées par là en attendant d’être explorées. Et je vois que cela rejoint le thème de l’authenticité, qui pour moi est relié au mot en ancien égyptien « Ouab » (pur) dont j’ai parlé précédemment… dans l’article juste avant celui-là : Tribulations spirituelles de début 2018 .   J’y reviendrai sûrement, car du coup ça fait sens pour moi… en particulier en ce moment où je me sens comme une SSNI (spirituelle solitaire non identifiée) ou PSNI (païenne solitaire non identifiée)…  Mince le réflexe de se coller une étiquette pour s’identifier qui se manifeste. Vous voyez même sans vouloir se sentir rattacher à un mouvement, un groupe, le réflexe de nommer ce qu’on est, de l’identifier, de se distinguer arrive… même pour dire qu’on est « sans étiquette »… Et voilà, créer une étiquette pour se dire « sans étiquette »… pffff…. autant en rire.

Webographie :
L’identité culturelle : le grand malentendu, Actes du colloque du Congrès des SEDIFRALE, Rio, 2004, Patrick Charaudeau du Centre d´Analyse du Discours, Université de Paris 13
– Article sur « L’Identité culturelle », livre de Geneviève Vinsonneau par Jean-François Hersent, Bulletin des bibliothèques de France (BBF)

2 commentaires pour “La question de l’identité dans le (néo-)paganisme contemporain”

  1. Ah le problème des étiquettes… Le qui-suis-je? où-vais-je? dans quelle étagère ? je crois que c’est profondément humain. Qu’on soit une vieille ourse comme moi ou quelqu’un de plus sociable/social, il y a forcément un moment (à moins de jouer les Robinson) où on va se retrouver confronté à la question « dans quelle case es-tu? ».
    Tout cheminement spirituel, je pense, passe par ce questionnement. Le « qui-suis-je? » est peut-être même l’oeuf de la poule « spiritualité », peut-être est-ce justement parce qu’on s’interroge sur qui on est (sa place dans l’univers, dans la société, etc) qu’on va chercher du côté spirituel ?

  2. Oui, c’est ce que j’avais noté, y’a très longtemps dans un de mes premiers textes sur la définition de la spiritualité. Les questions existentielles comme moteur de la quête spirituelle (qui suis-je ? d’où je viens ? quel est le sens de l’existence, de la vie ?, etc).

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