Isara : histoire d’une rencontre

À toi, dont l’onde est source de vie !

Mes premières rencontres avec Isara remontent à mon enfance. A l’époque, je vivais près de la rivière appelée Issoire. Le nom de ce cours d’eau était anciennement Isarum, dérivé de Isara. Isara et la rivière ne font qu’une. Enfant, nous ressentons les choses spontanément. Même si nous ne pouvons les nommer ou les conceptualiser comme les adultes. Je ressentais une énergie particulière, maternelle, joyeuse, pleine de vitalité et généreuse, là où je vivais près de cette rivière. Je ressentais vraiment mon environnement comme une présence féminine et maternelle, qui accueille sans juger pour peu que vos intentions soient pures. A ce moment, c’était pour moi la nature. Pas seulement un lieu où vivre et exploiter des ressources, mais un espace vivant et harmonieux, plein de la magie et du sacré de la vie, le cadre de ma première expérience/rencontre avec la divinité.

Lorsque j’étais préoccupée ou en colère, chagrinée par les décisions des adultes, j’allais me réfugier auprès d’elle. Sa présence apaisait ma tristesse et chassait mes angoisses. Devant les remous de son eau et le chant de ses clapotis, peu à peu mes soucis se faisaient plus légers. Comme si son courant les emportait. Ses eaux ont alimenté le jardin potager de mon enfance et étaient probablement les mêmes, que celle de la source du puits de la maison. Bref, pendant plus de 28 ans, Isara a été ma mère nourricière et elle l’est encore aujourd’hui. Même si je vis plus loin de son lit. Lorsque je la retrouve, lors d’une promenade, mon cœur est en joie.

De prime abord, son énergie est vive et printanière comme celle d’une jeune fille. Sa présence est aussi réconfortante et apaisante, comme celle d’une mère. Elle nourrit les êtres vivants et agit comme source de la vie. Parfois, elle est aussi inspirante à l’image d’une muse. Enfin, elle se révèle déesse sauvage, quand elle se manifeste en souveraine des animaux indomptés, des bois et des bosquets. Sa rosée imprègne l’aube et le crépuscule. Elle est alors l’étoile du matin, la déesse aux doigts roses, celle du passage entre deux mondes qui accompagne la naissance du jour, la déesse étoile. Parce qu’elle gouverne les eaux, les sources et les cycles, elle est aussi la lune.

En raison de l’ancienneté du nom d’Isara, dont l’origine est pré-celtique, ma pratique cultuelle ne peut se définir comme totalement celtique. Je m’inspire du culte des divinités associées aux rivières et sources que pratiquaient les celtes, mais qu’ils ont peut-être hérités des peuples indigènes, qui les ont précédé sur ces terres. Ma pratique est donc une spiritualité de la terre, ancestrale, déaniste (tournée vers la déesse) et moderne à la fois.

© Sterenn – 2016

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